Claude Guéant est poursuivi pour "complicité de détournement de fonds publics et recel"
Claude Guéant est poursuivi pour "complicité de détournement de fonds publics et recel" © MaxPPP

EN DIRECT DE L’AUDIENCE - Poursuivi pour complicité et recel de détournement de fonds publics, Claude Guéant a tenu en fait le premier rôle ce matin dans le réquisitoire. Trente mois de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction des droits civiques ont été demandés, au nom de la loi et de la "vertu républicaine".

Le procureur Patrice Amar sait que la morale n'est pas censée avoir sa place dans le prétoire, il a pourtant demandé au tribunal de "remettre la vertu républicaine au goût du jour". Sa collègue Ulrika Weiss évoque ensuite la situation des "vrais policiers" qu'elle a côtoyé, à qui les frais d'enquête sont destinés, et qui manquent de véhicules, de caméras de vidéosurveillance ou de gilets pare-balles : "combien aurait-on pu en acheter avec ces 210.000 euros détournés ?" lance-t-elle. Ces préfets qui trouvaient leur rémunération au cabinet du ministère de l'Intérieur " un peu étriquée ", selon une formule de Claude Guéant, la procureure estime qu'ils ont confondu "servir et se servir".

Le parquet estime que la loi est "claire"

En réponse à l'argumentation juridique de la défense, le parquet estime que « la loi est claire », les frais d'enquête ne pouvaient pas servir à verser des compléments de rémunération, et d’autant moins après la réforme Jospin de 2001. D’ailleurs, le cabinet précédent, celui de Daniel Vaillant, et le suivant, celui de Dominique de Villepin, ont bien appliqué la réforme.

Le ministère public a beaucoup ironisé sur les prétendues missions de police de Claude Guéant. Il aurait envisagé un moment de s'envoler pour le Venezuela où Yvan Colonna avait été signalé… "En payant son billet en espèces ?", tâcle le procureur Amar. "Est-ce qu'on peut imaginer un instant la scène ?", abonde sa collègue, qui fait part de sa "stupéfaction" quand elle a découvert cet argument de la défense.

"Un fonctionnaire doit aussi savoir dire non"

Le parquet a été plus indulgent à l'égard de l'ancien patron de la police, Michel Gaudin, qui a donné l'enveloppe mais qui n'a pas touché un seul centime : dix mois d'emprisonnement avec sursis requis Quant aux trois derniers prévenus, les préfets Canepa, Camux et Moisselin, le parquet a demandé qu'ils remboursent en jours amende le montant des enveloppes touchées (soit respectivement 21.000, 18.000 et 42.000 euros). Patrice Amar leur a rappelé qu’un fonctionnaire doit aussi "savoir dire non".

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