La phrase est lâchée au détour d’une question. L’air de rien, visiblement sans se douter de l’impact qu’elle peut avoir sur le déroulé d’un tel procès.

A la barre : Sylvie Chochois, ancienne assistante familiale de Jonathan. Elle l’a accueilli pendant six ans, à partir de son placement en février 2000 pour des faits de violences par son père.

Elle voit ainsi arriver un enfant qui « ne mangeait pas bien, il mangeait avec ses mains. » Qui explique qu’il ne mange pas avec une fourchette car chez ses parents elles servent aux pénétrations, lui demande si elle a des cassettes porno. « Dans la bouche d’un enfant de cinq ans, c’est choquant ».

Puis il est question de l’accusé. Que Jonathan n’a jamais évoqué avant sa déclaration à la barre hier. Et là surprise. Sylvie Chochois révèle : « un jour, Jonathan a entendu parler de « Legrand », il m’a demandé c’est son nom où c’est parce qu’il est grand ? »

La salle se fige. Le président se redresse subitement. Lui demande de répéter. Souligne : « vous comprenez l’importance de cette déclaration, Madame? C’est la première fois qu’on entend cela. »

Elle acquiesce. Alors le président cherche à comprendre le contexte. Mais, quinze ans après, l’assistante familiale a oublié. Ne reste alors que des interprétations. Jonathan voulait-il une précision sur quelqu’un qu’il connaissait ou des informations sur quelqu’un qu’il ne connaissait pas ? Les parties civiles tentent de favoriser la première option. L’avocat de la défense, Me Julien Delarue rappelle qu’il plaide en faveur de la deuxième hypothèse depuis quinze ans. Même le président s’y perd.

Et pourtant, cela pourrait être un tournant du procès.

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