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Elle n’est sans doute pas la plus connue, ni celle dont le compte en Suisse était le plus fourni, mais Arlette Ricci pourrait bien voir son procès devenir celui de la fraude fiscale et de la banque HSBC. La petite-fille de Nina Ricci, 76 ans, fait partie des milliers de noms épinglés sur la liste des clients de la filiale genevoise de HSBC, révélés par l’informaticien Hervé Falciani en 2008.

Arlette Ricci dissimulait en Suisse 18,7 millions d’Euros, et n’a pas régularisé sa situation auprès de Bercy quand la possibilité en a été donnée aux fraudeurs. Une semaine après les révélations du "Swiss Leaks", elle est jugée aux côtés de sa fille, Marguerite Vignat, de son avocat fiscaliste, Henri-Nicolas Fleurance, et de son gestionnaire de comptes, Bernard-Charles Leary.

Un administrateur de HSBC France parmi les prévenus

L’héritière était très bien entourée : Leary se trouve être administrateur d’HSBC Private Bank en France. Son témoignage devant la 32e Chambre devrait mettre à mal la communication de la banque britannique qui se défend d’avoir organisé un système d’évasion fiscale pour ses clients. L’avocat fiscaliste, Henri-Nicolas Fleurance, est l’un des plus renommés en la matière sur la place de Paris. Les montages financiers, leurs justifications (mettre à l’abri du Fisc la succession de la vieille dame) sont des modèles du genre. Et ce procès Ricci est aussi le premier à essuyer les plâtres de la toute nouvelle 32e chambre correctionnelle du Tribunal de Paris, créée l’an passé pour juger justement les délits financiers. Le Parquet national financier, lui aussi né il y a tout juste un an, tient là son premier grand procès en la matière. Sa création avait été voulue par le gouvernement comme le rouage central de sa lutte contre la fraude fiscale en France.

"Tout le monde a été alpagué mais pas moi"

Dans l’ordonnance de renvoi, divulgée par Les Echos, on lit des extraits d’écoutes téléphoniques entre Arlette Ricci et sa fille, juste après le coup d’éclat d’Hervé Falciani et ces listings de clients HSBC transmis par l’informaticien à la Justice.

Arlette Ricci : « Je faisais partie des gens de cette banque, tu sais, où le bonhomme a vendu les fichiers […] alors je me suis dit que ça ne s’arrangeait pas, je suis partie à temps[…] Depuis je n’ai jamais eu de nouvelles de Bercy, donc tout va bien [rires]. Tout le monde a été alpagué mais pas moi. Parce que j’avais des copains qui étaient sur la liste et qui m’ont dit « mais non, mais non, tu parles… » Ils ont tous dû se rendre, payer des fortunes, etc. »

Sa fille : « On là là… Oui ça peut faire des dégâts. »

Arlette Ricci : « Oui, forcément, parce que tout ça est très illégal quand même, alors bon… »

La petite-fille de Nina Ricci avait été interpellée à son domicile le 24 Mai 2011. Tout au long de l’instruction elle a contesté les faits reprochés, et affirmé qu’elle ne savait pas comment la banque HSBC gérait les biens qu’elle lui avait confié.

Emmanuel Leclère revient sur la stratégie de défense de l'héritière:

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