Le tribunal correctionnel de Bastia s’est prononcé tard dans la nuit : de six mois de prison avec sursis à deux ans ferme pour les cinq hommes jugés dans l’affaire de Sisco.

Près de 700 personnes réunies, le 15 septembre, devant le tribunal de Bastia pour soutenir les villageois de Sisco
Près de 700 personnes réunies, le 15 septembre, devant le tribunal de Bastia pour soutenir les villageois de Sisco © AFP / AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

C’est finalement dans le calme que s’est terminé le procès de la rixe de Sisco à Bastia. L’audience-fleuve a pris fin au petit matin, à 4 heures vendredi. Les alentours du tribunal s’étaient déjà vidés des centaines de Corses réunis, depuis le début d’après-midi, en soutien aux deux villageois de Sisco poursuivis, comme les trois frères marocains. Tous étaient jugés pour violences, et c’est de la prison qui a été prononcée.

Cette bagarre, survenue le 13 août dernier près d’une plage de Sisco, au nord de Bastia, avait éclaté entre une famille d’origine marocaine et des habitants de ce village côtier du Cap corse.

Du sursis pour les villageois

Les deux villageois écopent de peines de prison avec sursis. Un an pour Lucien Straboni, le boulanger du village, qui avait déjà un casier judiciaire. Et 8 mois avec sursis pour Pierre Baldi, employé municipal de 22 ans. Lors de la rixe, les deux hommes avaient porté des coups de pieds et de poings à l'un des frères marocains alors que celui-ci était à terre, puis sur un brancard.

Prison ferme pour le principal prévenu

En face, Mustafa Benhaddou, qui comparaissait détenu, est directement parti en prison puisque le tribunal l'a condamné à 2 ans d'emprisonnement ferme. Lui aussi avait déjà un casier judiciaire, et le tribunal l'a sanctionné pour des violences contre un jeune de Sisco, puis, harpon à la main, contre des villageois. Les deux autres frères Jamal et Abdelilah écopent de 6 mois de prison avec sursis. Ils ne se sont pas présentés à l'audience hier, mettant en avant le climat très tendu qui avait entouré cette affaire.

►►►"Il était à la plage, il se retrouve en prison avec deux ans ferme" : à Bastia, le compte-rendu du procès avec Abdelhak El Idrissi :

Les avocats qui avaient demandé, jeudi, le dépaysement avant l’ouverture du procès, ont reconnu qu’il s'est finalement déroulé dans un climat serein, dans la salle d'audience comme à l'extérieur, malgré la présence dans l'après-midi de près d'un millier de personnes devant les grilles du tribunal, venues soutenir les villageois de Sisco.

Les 12 heures et demi d'audience auront sans doute également participé au travail de pédagogie autour de cette affaire.

La société française et la société corse, qui en fait partie, sont traversées par des fractures, mais ce n'est pas la réalité du dossier, qui est à la fois quelque chose de plus classique et de plus minable (Le procureur Nicolas Bessone Bessone dans son réquisitoire)

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