C'était le 12 janvier 2019, rue de Trévise à Paris. Une explosion soufflait une boulangerie et faisait quatre morts. Les familles de victime pointaient du doigt des "manquements" de la Ville de Paris. Un rapport d'expertise commandé par le parquet semble leur donner raison.

Vue aérienne suite à l'explosion d'une boulangerie rue de Trévise à Paris, le 12 janvier 2019
Vue aérienne suite à l'explosion d'une boulangerie rue de Trévise à Paris, le 12 janvier 2019 © AFP / Carl Labrosse

Ce premier rapport d'expertise écarte la responsabilité de GRDF dont les installations en sous-sol de la rue de Trévise "n'appellent aucune remarque" sur le respect des dispositions règlementaires. Il n'y a pas davantage de mise en cause sur l'intervention des sapeurs-pompiers dont l'opération s'est déroulée "conformément aux modalités techniques" habituelles. Mais le rapport pointe les responsabilités du syndic de l'immeuble du 6 rue de Trévise, de la mairie de Paris et de l'entreprise de travaux publics qui est intervenue à sa demande.

À l'origine de l'explosion, les experts ont déterminé la défaillance d'un collecteur d'eaux usées situé au sous-sol de l'immeuble. Cette défaillance a entraîné des écoulements, et ces écoulements ont provoqué un affaissement de la chaussée. Ce sont ces affaissements qui ont ensuite occasionné une rupture des conduites de gaz, lequel s'est accumulé sous le trottoir jusqu'à l'explosion du 12 janvier.

Des réponses superficielles à des dysfonctionnements

Or, indique le rapport, le syndic de propriété avait détecté la défaillance du collecteur d'eau dès 2015, mais il a mis deux ans à faire réaliser les travaux. Quant à l'affaissement du trottoir, signalé en 2016, il a été traité superficiellement par les services de la voirie de la ville de Paris, sans en rechercher la cause, alors que l'entreprise avait connaissance de la présence d'une canalisation de gaz en profondeur. "Ils n'ont procédé qu'a des travaux de surface pour rétablir l'horizontalité du trottoir", écrivent les experts. Sans de tels manquements, "l'explosion aurait pu être évitée", concluent-ils.

Maître Olivier Morice représente cinq familles de victimes. Pour lui, la ville doit maintenant prendre ses responsabilités face à des familles en colère : "Les familles attendent depuis de très longs mois que l'on puisse appréhender correctement le préjudice qu'elles sont en train de vivre. Elles ne sont pas relogées pour une grande partie d'entre elles, elles vivent dans une très grande précarité et elles ont, pour la plupart d'entre elles, une absence de réponse, parfois des assureurs, voire de la municipalité, face à cette tragédie. Il est important, même si ce rapport est provisoire, que nous ayons une réponse officielle de la ville de Paris vis-à-vis de ces familles."

Les différentes parties ont maintenant un mois pour éventuellement demander une contre-expertise.

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