Pascal Simbikangwa condamnéà 25 ans de prison
Pascal Simbikangwa condamnéà 25 ans de prison © REUTERS/Charles Platiau / REUTERS/Charles Platiau

Pascal Simbikangwa, premier Rwandais jugé à Paris pour sa participation au génocide des Tutsi en 1994, a été condamné vendredi soir à 25 ans de prison, quelques semaines avant les commémorations du vingtième anniversaire du génocide.

Le ministère public avait requis sa réclusion à perpétuité. Au terme de six semaines de procès qui ont, selon l'accusation, montré que Pascal Simbikangwa, ancien militaire et agent des renseignements rwandais, était un "donneur d'ordres", l'avocat général avait demandé qu'il soit jugé pour génocide, et non pas complicité de ce crime. Une demande suivie par la Cour, qui l'a condamné vendredi pour génocide et complicité de crimes contre l'humanité à Kigali.

Une condamnation qui réjouit les parties civiles, dont Dafroza Gauthier, porte-parole du collectif des parties civiles pour le Rwanda (au micro de Sara Ghibaudo)

Fabrice Epstein, l'un des avocats de l'accusé, dénonce une décision pour l'exemple

Pascal Simbikangwa, paraplégique depuis un accident de la route en 1986, a nié durant tout le procès les faits qui lui sont reprochés, se disant victime d'une "chasse aux sorcières" orchestrée par l'ancienne rébellion Tutsi désormais au pouvoir.

Pardon pour ma faiblesse

Au dernier jour de son procès, Pascal Simbikangwa a dit "penser" à toutes les victimes du génocide :

Pardon pour la faiblesse de ma condition qui ne m'a pas permis de vous venir en aide comme je l'aurais voulu.

L'accusé, qui a protégé plusieurs Tutsi pendant les massacres - une cinquantaine selon ses dires - n'a eu de cesse de se décrire comme un Juste. "Il a malgré tout demandé pardon aux Tutsi, même si ce n'est pas le genre de pardon que l'on pouvait attendre", a dit Maître Simon Foreman, avocat du Collectif des parties civiles pour le Rwanda.

Le verdict était très attendu par Kigali, qui a souvent reproché à la France sa lenteur dans la poursuite des suspects. Paris peut juger des présumés génocidaire depuis 1996.

Le génocide rwandais
Le génocide rwandais © Radio France
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