Une adolescence radicale

Sabri Essid, 31 ans, est originaire du quartier des Izards à Toulouse, comme les Merah. Il commence à s’intéresser à la religion à l’adolescence. En 2000, il a 16 ans quand il quitte le domicile familial pendant deux mois pour habiter non loin, à Bellefontaine, chez Fabien Clain. De six ans son aîné, ce converti joue auprès de lui un rôle de mentor. Interrogée par les enquêteurs en 2007, la mère de Sabri Essid parle d’un changement radical, en deux mois seulement :

Il parlait sans cesse de religion et du djihad, il était influencé.

Autour de Fabien Clain, se constitue un petit groupe qui tient un étal au marché de la place Saint-Sernin à Toulouse, et fait du prosélytisme derrière la vente de livres religieux. Tout ce petit groupe (Essid, Clain, plus tard les Merah) se rend régulièrement à Artigat en Ariège, chez le prédicateur Olivier Corel dit « l’émir blanc », leur guide spirituel.

Premier départ pour le djihad en Irak

Fin 2006, Sabri Essid part pour la Syrie. C’est en cherchant à rejoindre l’Irak pour s’y battre contre les Américains qu’il est arrêté à Hama, à la frontière irako-syrienne, en compagnie de Thomas Barnouin, originaire d’Albi. Remis à la France, Sabri Essid est jugé par le Tribunal de grande instance de Paris, en 2009, avec l’ensemble de la filière dite d’Artigat, qui organisait le départ de combattants vers l’Irak. Il écope de 5 ans de prison dont un avec sursis, pour “association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste”. Libéré en novembre 2010 après 4 ans de prison, il trouve un emploi de grutier.

Intime de Mohamed Merah

Issus du même quartier, les deux hommes se rapprochent encore plus en 2010, quand le père de Sabri Essid épouse religieusement la mère de Mohamed Merah. Ils se présentent alors comme “demi-frères”. Ils sont en contact dans les mois précédant les tueries de Toulouse. C’est Sabri Essid qui organise les funérailles de Mohamed Merah, après sa mort en mars 2012 dans l’assaut donné par le Raid.

Nouveau départ pour la Syrie

Surveillé par la DGSI depuis sa sortie de prison, et par la justice qui compte l’entendre dans l’affaire Merah, Sabri Essid parvient malgré tout à rejoindre les rangs de l’organisation Etat Islamique mi-avril 2014. Il part avec son épouse et quatre enfants: son beau-fils de 12 ans, Rayan, et leurs trois enfants en bas âge.

Le 10 mars 2015, Sabri Essid apparaît dans la vidéo de l’'exécution d’un otage Arabe israélien , soupçonné d’un espion du Mossad. Le film diffusé par l’Etat islamique marque une étape dans l’horreur : à ses cotés, on voit son beau-fils, Rayan, 12 ans, tirer sur l’otage. Sabri Essid évoque en français l'attaque de l'Hyper Cacher deux mois plus tôt, et menace de s'en prendre aux Israéliens :

Oh vous les juifs, Allah nous a permis de tuer vos frères sur le sol français, et ici sur la terre de l'Etat islamique. (...) Les conquêtes islamiques viennent de commencer, les juifs tremblent car la promesse est proche.

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