Au lendemain de l'assassinat d'un prêtre dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, les enquêteurs ont à priori identifié les deux hommes qui se revendiquaient de l'Etat islamique

Une femme se recueille devant le domicile du Père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray,
Une femme se recueille devant le domicile du Père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray, © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Le procureur de la République à Paris, François Molins, a confirmé mardi soir, lors d'une conférence de presse, l’identité de l’un des deux assaillants : Adel Kermiche. Le jeune homme, originaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), a tenté de se rendre en Syrie par deux fois en 2015. Interpellé après le signalement de sa disparition par ses parents, il est mis en examen une première fois alors qu’il est encore mineur. L'adolescent tente sa chance une seconde fois alors qu'il est majeur et se fait de nouveau arrêter. Il est alors mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Placé en détention provisoire, il est ensuite libéré sous bracelet électronique, au mois de mars 2016.

Domicilié chez ses parents, à Saint-Etienne-du-Rouvray, Adel Kermiche avait, depuis, une autorisation de sortie, chaque matin, entre 8h30 et 12h30, du lundi au vendredi. Le samedi, le dimanche, et les jours fériés, il avait le droit de sortir entre 14 heures et 18 heures. Il avait également une obligation de pointage hebdomadaire au commissariat le plus proche de son domicile.

Sa mère avait accordé une interview en 2015. Selon elle, "la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015 avait agi comme un détonateur sur ce garçon" : "le gamin joyeux, gentil, qui aimait la musique et sortir avec des copines, mais en échec scolaire, s'était refermé, fréquentait assidûment la mosquée de sa région, donnant des leçons à sa famille musulmane non pratiquante. Il s'était radicalisé en moins de trois mois".

Le second assaillant n'est toujours pas formellement identifié -les analyses ADN sont en cours-, mais pour les enquêteurs il s'agit Abdel Malik P., un jeune de 20 ans originaire de Savoie dont ils ont trouvé la carte d'identité lors d'une perquisition chez Adel Kermiche. Il n'avait fait l'objet d'aucune condamnations et la justice ne disposait donc pas de ses empreintes ni de son ADN, ce qui a retardé son identification formelle. Les enquêteurs ont perquisitionné le domicile familial d'Aix-les-Bains et on entendu la mère du jeune homme qui clame l’innocence de son fils.

Il n'a pas été établi comment Abdel Malik P. était entré en contact avec Adel Kermiche ni comment ils ont préparé l'attentat.

Une information sur l'entrée sur le territoire français d'un ressortissant prêt à commettre un attentat 

Les enquêteurs sont troublés depuis mercredi par un renseignement que les services de l'UCLAT, l'Unité de Coordination de la Lutte Antiterroriste, ont reçu le 22 juillet, quatre jours avant l'attentat de Saint-Etienne-du Rouvray donc. Des agents basés à l'étranger leur ont signalé l'entrée sur le territoire français d'un ressortissant prêt à commettre un attentat sur notre territoire avec d'autres individus, mais sans aucune autre précision. Le renseignement ne donne même pas le nom ou l'adresse du suspect, uniquement une vidéo. Et à la lecture de cette vidéo, la ressemblance est forte avec le deuxième terroriste de l'Eglise Saint-Etienne. Pendant quatre jours, les services antiterroristes avaient pourtant épluché tous leurs fichiers, ils avaient lancé des signalements dans tous les commissariats, en vain donc puisque le complice d'Adel Kermiche, s'il s'agit bien de lui, n'était pas fiché en France.

L'attaque contre l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray a été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique qui a présenté les deux assaillants comme ses "soldats".

Un adolescent de 16 ans a été placé en garde à vue mardi. Le jeune homme ne semble ne pas avoir de lien avec l'attaque.

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