Un homme de 21 ans, en contact avec les deux djihadistes qui ont égorgé le prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, a été interpellé dans la région de Toulouse et placé en garde à vue.

Moment de recueillement devant l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, où a été assassiné le père Jacques Hamel le 26 juillet 2016
Moment de recueillement devant l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, où a été assassiné le père Jacques Hamel le 26 juillet 2016 © AFP / Charly TRIBALLEAU

Le jeune homme, qui aura 22 ans la semaine prochaine, a été interpellé ce lundi à Pechbonnieu, une petite ville tranquille et résidentielle dans le nord de Toulouse, et placé en garde à vue. Garde à vue qui se poursuivait ce mercredi dans les locaux de la SDAT, la sous-direction antiterroriste, de Toulouse, puis à Levallois-Perret où le suspect devait être transféré en fin de journée, après deux jours d'audition (dans les affaires liées au terrorisme, loi prévoit jusqu’à quatre jours de garde à vue).

Radicalisation récente

Jusqu’à son interpellation, le jeune homme était totalement inconnu des services de Police et des services de renseignement. D’après les premiers éléments de l’enquête, il serait devenu religieux très récemment, il y a un mois environ, et aurait eu des contacts téléphoniques avec les deux assaillants qui ont fait irruption, le 26 juillet dernier, dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et assassiné le père Jacques Hamel. C’est grâce à ces contacts téléphoniques que les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste sont remontés jusqu’à lui, mais aussi grâce à des échanges sur les réseaux sociaux, dont l’application de messagerie cryptée Telegram, dans les jours qui ont précédé l’attentat.

A priori, le suspect n’était pas présent à Saint-Etienne-du-Rouvray le jour de l’attaque, mais s’y serait rendu deux jours avant en train, pour y rencontrer, pour la première fois, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, avant de repartir à Toulouse le lendemain. Les trois jeunes hommes, qui habitaient à des centaines de kilomètres les uns des autres, ne se connaissaient pas.

A-t-il renoncé à commettre l'attentat au dernier moment ? A-t-il été écarté par les deux autres ? A-t-il été complice actif dans la préparation de l'assassinat du prêtre ? Autant de questions que les policiers antiterroristes continueront à lui poser jusqu'à vendredi.