Information France Inter - Il s'appelle Jean-Philippe J., il est un proche d'Abdel Malik Petitjean, l'un des auteurs de l'attentat avec Adel Kermiche. Dans les mois qui ont précédé l'assassinat du Père Jacques Hamel, Jean-Philippe J. a sans doute contribué au passage à l'acte de Petitjean.

Photo du père Jacques Hamel lors de ses funérailles à Rouen en août 2016
Photo du père Jacques Hamel lors de ses funérailles à Rouen en août 2016 © AFP / Charly Triballeau

Il a 20 ans à l'époque, il vit dans le Val d'Oise et communique avec Petitjean en Savoie via le réseau crypté Telegram. Tous deux sont soumis à un contrôle judiciaire qui les empêchent de s'éloigner de l'appartement familial. Car en juin 2016, les deux jeunes ont tenté de gagner la Syrie. Mais Jean-Philippe J. s'est fait arrêter à l'aéroport d'Istanbul, il a été renvoyé en France avec les 2 000 euros qu'il avait économisés pour rejoindre Daech, et Petitjean l'a suivi. Ils seront donc arrêtés à leur retour en France et placés sous contrôle judiciaire.

Dans les semaines qui précèdent l'attentat, Jean-Philippe J. prodigue des conseils au futur terroriste avec qui il reste régulièrement en contact sur Telegram, notamment sur la chaîne "Ansar At Tawhid" qu'il a créée, mais aussi via la plateforme de messagerie Chatogram. Dans leurs conversations que les enquêteurs ont pu reconstituer, Jean-Philippe J. semble prendre l'ascendant sur Petitjean, ainsi que sur Farid K., un Nancéien de 30 ans, lui aussi radicalisé et très influent sur son cousin Petitjean. Quelques jours avant l’attentat, les trois hommes envisagent encore de repartir en Syrie.

Passage à l'acte dans la précipitation

Mais ils sont en attente de la fourniture de faux papiers qui tardent à venir, et ils s'impatientent. Ils se disent qu'il vaut mieux mourir plutôt qu'échouer. Dans les deux cas, Jean-Philippe J. recommande à ses contacts de veiller à effacer les applications et les conversations qu'ils ont entretenues sur leurs téléphones, en prévision de leur interpellation.

La suite, on la connait. Petitjean va finalement faire la connaissance d'Adel Kermiche sur Telegram le 22 juillet, puis il le rejoindra à son domicile de St-Etienne du Rouvray ou les deux hommes prépareront dans la précipitation leur passage à l'acte le 26 juillet.

Après l'attentat, Jean-Philippe J. sera interpellé et placé en détention provisoire dans le cadre de son départ avorté en Syrie en juin 2016. Il est donc depuis hier de nouveau mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes criminelle dans le dossier « Eglise 76 », le dossier des complices de l'attentat de Saint-Etienne du Rouvray. Il sera l'un des accusés centraux du procès à venir.

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