Les deux hommes se sont déjà fait face plusieurs fois dans le cadre de l'instruction des attentats du 13 novembre 2015. Mais Christophe Teissier s'apprête à quitter la galerie antiterroriste pour prendre la présidence de la chambre de l'instruction de Nîmes. Il va donc entendre Salah Abdeslam pour la dernière fois.

Nouvelle auditionce vendredi de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13 novembre 2015
Nouvelle auditionce vendredi de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes du 13 novembre 2015 © AFP / IGOR PREYS / BELGA MAG / BELGA

Certains faces-à-face entre Christophe Teissier ont du sembler bien long. Car le silence du principal mis en examen de ce dossier n'a jamais découragé le juge antiterroriste, n'hésitant pas parfois à poser plus de 200 questions sans obtenir la moindre réponse.  Au fil du temps, la posture mutique de Salah Abdeslam, s'est même muée en un "mutisme revendicatif", selon l'expression du juge Teissier lui-même. Salah Abdeslam qui refuse également de signer ses procès-verbaux d'audition. 

Il s'est exprimé à trois reprises 

En réalité, celui qui aurait renoncé à activer sa ceinture explosive le 13 novembre, s'est tout de même un peu exprimé face au magistrat français. A trois reprises précisément : pour indiquer qu'il souhaitait assister à son procès en Belgique; pour dédouaner, du moins partiellement, l'un de ses coaccusés et, lors de sa dernière audition le 28 juin, pour livrer une déclaration spontanée au juge "à connotation religieuse et politique", dans laquelle, pêle-mêle, il mettait en cause le président Macron, appelait ses frères à faire couler le sang, et clamait "s'en remettre à Allah."  

Un mis en examen intelligent, selon le juge

Mais si son propre avocat a pu dire de lui qu'il avait "l'intelligence d'un cendrier vide", le juge Teisser évoque plutôt Salah Abdeslam comme un homme intelligent, profondément convaincu et au fort attachement au groupe terroriste état islamique.  Le juge Teissier s'était, par ailleurs, lui-même rendu à la maison d'arrêt de Fleury-Merogis il y a environ un an. Inquiet de l'évolution de la santé mentale du djihadiste, il avait alors décidé d'assouplir quelque peu ses conditions de détention.  Mais il n'est pas dupe pour autant.  Pour cette dernière audition, il a déjà prévenu : il ne s'attend de la part du terroriste à aucune explication sur les faits.

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