Les deux avocats renoncent à défendre Salah Abdeslam, principal accusé encore en vie des attentats du 13 novembre 2015, muré dans le silence depuis son retour en France.

Maître Franck Berton au Palais de Justice de Paris en Mars 2016
Maître Franck Berton au Palais de Justice de Paris en Mars 2016 © Maxppp / ETIENNE LAURENT

Depuis son transfèrement de la Belgique, où il avait été arrêté, vers la France où il sera jugé, Salah Abdeslam a toujours refusé de parler devant les juges qui enquêtent sur les attentats du 13 novembre, à Paris et Saint-Denis. Son avocat belge, Sven Mary, et le français Franck Berton, ont toujours défendu leur client en disant qu'il faisait valoir son "droit au silence". Mais ce mercredi 12 octobre, les deux avocats annoncent à BFM TV et l'Obs qu'ils renoncent à défendre Abdeslam. "Dès le début, nous avons prévenu, si notre client reste muet nous quitterons sa défense", a commenté Me Franck Berton, indiquant que ce moment était donc arrivé. "Dans cette position qui est la nôtre, qu'est-ce que vous voulez que l'on fasse? "On a la conviction qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au silence". Selon le ténor du barreau, le djihadiste présumé n'aurait plus envie d'être défendu. "C'est comme un suicide", résume Franck Berton.

Son collègue belge Sven Mary complète: " Quand on a le sentiment d'être là pour faire des visites sociales à la prison, à ce moment-là une décision doit être prise".

"On l'a écrasé, c'est un immense gâchis"

Salah Abdeslam est incarcéré à l'isolement depuis le 27 avril 2016, à Fleury-Mérogis, il est le suspect-clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts. Sa cellule a été placée sous surveillance vidéo 24h/24, ce qu'il avait fait contester par ses avocats devant le Conseil d'Etat , avant d'être débouté. Franck Berton persiste à penser qu'il s'agit d'une décision "politique", qui a enfermé son ex-client dans le silence. "Il avait des choses à dire mais on l'a écrasé, c'est un immense gâchis, on a créé un son mutisme et les vraies victimes dans tout ça, ce sont les victimes des attentats de Paris qui avaient droit à cette vérité" concluent les deux avocats .

Abdeslam a refusé, par trois fois, de répondre aux questions des juges d'instructions. "On ne désespère pas qu'il s'explique devant les juges français", déclarait Franck Berton le 3 septembre dernier, après une heure trente de dialogue de sourd dans le bureau des juges. Un mois plus tard l'avocat jette donc l'éponge, et laisse Salah Abdeslam seul face à son silence.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.