INFO France Inter / AFP. Le seul survivant des commandos terroristes du 13 novembre a répondu ce matin pendant quelques minutes au juge d'instruction parisien pour dédouaner l'un de ses amis. Il avait accepté d'être confronté à Ali Oulkadi, mis en examen pour lui avoir servi de chauffeur au lendemain des attentats.

Salah Adbeslam lors de son procès à Bruxelles le 5 février 2018
Salah Adbeslam lors de son procès à Bruxelles le 5 février 2018 © AFP / Emmanuel DUNAND

Alors qu'il n'avait pas voulu assister à la fin de son procès en Belgique le mois dernier, Salah Abdeslam a accepté ce vendredi matin une confrontation, au palais de justice de Paris, avec Ali Oulkadi, l'un des trois hommes qui lui avait permis d'échapper à la police, le 14 novembre 2015. Dans le cabinet du juge, sans avocat, il a commencé par invoquer son droit au silence, comme il l'avait fait au début du procès à Bruxelles. Mais, alors qu'il n'avait quasiment jamais parlé au juge Christophe Teissier depuis son transfert en France en avril 2016 (sauf pour accepter d'être jugé en Belgique), la présence de son ami l'a finalement poussé à s'exprimer pendant quelques minutes. 

Salah Abdeslam a déclaré qu'il comprenait la situation d'Ali Oulkadi, mais qu'il ne pouvait rien pour lui et qu'il ne pouvait rien pour lui-même. Mais le détenu le plus surveillé de France a pourtant poursuivi et précisé qu'il n'avait jamais sollicité l'aide d'Oulkadi, et qu'il ne lui avait jamais téléphoné. Il a expliqué que le 14 novembre, sa photo n'était pas encore diffusée partout, et qu'Oulkadi ne "pouvait pas savoir" qu'il était devenu "l'ennemi numéro 1".

L'enquête montre qu'Ali Oulkadi a été contacté par Hamza Attou, lui-même appelé, avec Mohammed Amri, par Salah Abdeslam le soir du 13 novembre pour qu'ils viennent le chercher à Paris. Le lendemain, une fois arrivés à Bruxelles, Oulkadi a pris en charge Salah Abdeslam pour le conduire jusqu'à l'appartement de la rue Bergé, où avaient été fabriquées les ceintures explosives. Salah Abdeslam a aussi confirmé les déclarations d'Ali Oulkadi, qui affirme n'être jamais rentré dans cet appartement, même si une trace de son ADN a été retrouvé sur une fourchette. 

Ali Oulkadi a été mis en examen en juillet 2016 pour association de malfaiteurs en vue de commettre un attentat terroriste, et incarcéré à Maubeuge. Contrairement à ce qu'il a toujours affirmé, les juges d'instruction le soupçonnent d'avoir été au courant des agissements de Salah Abdeslam. Sur le trajet depuis Paris, celui-ci avait raconté à Amri et Attou qu'il voulait se faire exploser comme son frère Brahim (membre du commando des terrasses), mais que son gilet explosif n'avait pas fonctionné. Interrogé sur le fait de savoir si Ali Oulkadi n'avait donc joué aucun rôle dans les attentats, Salah Abdeslam s'est renfermé dans son silence.

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