L’ancien gamin du Val de Marne est un admirateur de Mohamed Merah, dont le parcours ressemble au sien : délinquance de cités, radicalisation en prison, voyages vers les terres de djihad. Depuis la Syrie, il n’hésite pas à menacer la France.

Né le 6 juillet 1980, Salim Benghalem a grandi dans le Val de Marne. Il a été condamné cinq fois, notamment pour des violences, et surtout pour tentative de meurtre: à 21 ans, il a été impliqué dans un règlement de compte mortel entre deux quartiers de Cachan. Après avoir pris la fuite en Algérie, il se rend et écope en 2007, de 11 ans de réclusion criminelle.

C'est en prison qu'il rencontre des membres du groupe des Buttes Chaumont, qui voulaient partir combattre en Irak. Salim Benghalem croisera ensuite la route des frères Kouachi et d'Amédy Coulibaly : en septembre 2010, il est interpellé, puis relâché, dans l’enquête sur le projet d’évasion de Smaïn Ait Ali Belkacem, l’un des auteurs des attentats de 1995.

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Benghalem devient conducteur d'engins de chantier. Il se marie (pas civilement) avec une jeune femme très religieuse, dont il aura deux enfants, mais le virus du djihad ne l'a pas quitté. En 2011, il part au Yémen avec Saïd Kouachi.

Au cours de ce voyage de trois semaines, il aurait rencontré des jihadistes liés à Al Qaida. Après avoir été retenu et interrogé, il aurait gagné leur confiance, aurait été formé au maniement des armes et chargé de commettre un attentat en France contre une université américaine. Selon son entourage, c’est parce que Salim Benghalem a renoncé qu’il aurait été « redirigé » vers la Syrie. Entretemps, il est passé par la Tunisie, à la fin de l’année 2012, mais n’aurait pas réussi à nouer des contacts avec des djihadistes en Libye.

En mars 2013, il rejoint le front Al-Nosra, puis le groupe Etat islamique, et prend le nom de guerre d’Abou Mohamed. D’après sa femme, après avoir été cantonné à des tâches subalternes, le déblaiement de gravats, ou la cuisine, il a intégré la police islamique. Parmi ses attributions, les interrogatoires des prisonniers deDaech : il aurait été l’un des geôliers des quatre journalistes français retenus en otage.

Il participe aussi à l’intégration des jeunes recrues de la filière du Val de Marne. Lors du procès, en décembre 2015, devant le tribunal correctionnel de Paris, 18 ans d’emprisonnement ont été requis contre lui, le procureur soulignant sa « dangerosité maximale ».

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Salim Benghalem est sous le coup d’un mandat d'arrêt international émis par la France depuis le 9 mai 2014. En septembre 2014, il figure sur la liste des terroristes les plus recherchés par les Etats-Unis, pour qui le Français est devenu l’un des bourreaux du groupe Etat islamique.

Le 9 février dernier, on le retrouve sur une vidéo du groupe Etat islamique, tournée à Alep. Benghalem, en treillis, est interviewé par l’otage britannique John Cantlie : il se réjouit des attentats de janvier à Paris, et encourage tous les musulmans en Occident à suivre cet exemple.

Selon ses proches, Salim Benghalem est décidé à mourir en « martyr » et serait devenu insensible à la mort. D’après un témoignage, il ne compterait pas rentrer en France, ou alors « pour faire un attentat avec un maximum de dégâts ».

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