Les barreaux de Paris et Bobigny protestent contre l'ouverture d'une salle pour juger les étrangers directement à Roissy.

Le tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis a par ailleurs, selon les avocats "des besoins réels et urgents".
Le tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis a par ailleurs, selon les avocats "des besoins réels et urgents". © AFP / BERTRAND GUAY

"Pas de justice sur le tarmac", c'est le mot d'ordre des avocats de Bobigny et Paris. Ils manifestent ce lundi après-midi à Roissy, afin de protester contre l'ouverture prochaine, au mois de septembre, d'une annexe du tribunal de Bobigny à l'aéroport.

Ces salles d'audience seraient délocalisées afin de juger les étrangers non admis sur le territoire. Retenus en zone d'attente, pour un maximum de 20 jours, ces personnes doivent en effet voir un juge au bout de quatre jours et lui seul peut décider de prolonger ou non cette retenue.

Actuellement, les étrangers sont jugés au tribunal de grande instance de Bobigny. Les avocats appellent le gouvernement à abandonner ce projet vieux de 15 ans. Une délégation d'avocats de Paris et de Seine Saint-Denis se rend ce lundi après-midi à Roissy, sur le site des nouvelles salles d'audience, pour contester cette délocalisation.

En 2013 déjà, tout était prêt pour accueillir les audiences près de la ZAPI, (la zone d'attente pour les personnes maintenues en instance), où transitent chaque année 6000 personnes. Face à la contestation, le projet avait été retardé, on le pensait oublié.

Justice en catimini

Mais le bâtiment, resté vide, a tout de même coûté trois millions d'euros. Les avocats s'étonnent du "coût de cette construction, au regard des besoins réels et urgents du tribunal de grande instance" de Bobigny.

La délocalisation des audiences devrait permettre un gain de temps et de confort pour les étrangers. Une analyse que ne partage pas la bâtonnière du barreau de Seine-Saint-Denis, Valérie Grimaud. Elle dénonce "une volonté de rendre la justice en catimini".

Le président du tribunal de Bobigny assure lui que "toutes les conditions du procès équitables lui paraissent réunies". Des audiences tests se tiendront en juin dans les nouvelles salles de Roissy afin de permettre des ajustements, si nécessaire.

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