C'est un mouvement spontané, parti voici deux semaines de la cour d'appel d'Agen. Les greffiers sont en colère. Au nombre de 9.400 (plus que les magistrats), 22.000 avec l'ensemble des personnels des greffes, ils sont un rouage essentiel au fonctionnement de la justice.

Mouvement de colère chez les greffiers. Ici, le 1er avril dernier à Metz
Mouvement de colère chez les greffiers. Ici, le 1er avril dernier à Metz © MaxPPP / Alexandre Marchi

A la différence des magistrats, ce sont des fonctionnaires, rattachés directement au ministère de la Justice. Ce sont eux notamment qui préparent les audiences, mettent les décisions de justice en forme, renseignent les justiciables...

Ils ne sont pas en grève, mais se rassemblent devant leur tribunal, partout en France, pour réclamer d'être entendus, alors qu'une nouvelle réforme se prépare. Ils ont aussi envahi leurs messageries internes de mails, au point de bloquer le système, au grand dam de la chancellerie. Certains font une grève du zèle en ne remplissant pas les fichiers statistiques. Sur Twitter, le mot-clé témoigne de leur colère un peu partout en France.

Manque de reconnaissance

Ce qu'ils demandent ? Une revalorisation de leur statut et de leurs salaires, en regard du travail et des responsablités qu'ils exercent. Les greffiers, qui travaillent dans l'ombre des juges, aimeraient que leur travail soit reconnu à leur juste valeur.

Brigitte Bernard travaille au greffe du tribunal de Bobigny depuis 27 ans :

On est plus reconnus comme secrétaires que comme greffiers. Le greffier est garant de la procédure, on donne de nous constamment, on nous demande toujours de faire plus avec moins de moyens.

Recrutés à bac + 2 juste au-dessus du Smic, les greffiers terminent leur carrière à 2.400 euros net.

Christiane Taubira promet une réforme du statut de greffier

La profession est méconnue, et surtout personne ne reconnaît leur importance, regrette une jeune greffière, Valentine Abecassis :

Sans le greffier, la machine ne fonctionne pas. Si demain, nous ne sommes pas là, il ne se passe plus rien, il n'y a plus d'audience. Nous sommes essentiels. Mais la réalité, c'est que nous ne nous sentons pas essentiels, nous avons l'impression de subir les réformes en permancence.

Pour ne pas paralyser les tribunaux, les greffiers manifestent pendant leurs pauses. Leurs représentants ont été reçus vendredi rnier par Christiane Taubira. La Garde des Sceaux leur a dit "prendre le problème très au sérieux", et être en discussion avec Matignon pour une réforme de leur statut. En attendant le mouvement continue.

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