Le parquet avait réclamé 4 ans de prison, dont 2 avec sursis, contre les trois prévenus dans l'affaire des "écoutes", dont Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la République est finalement condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis pour corruption et trafic d'influence. Il annonce faire appel.

Nicolas Sarkozy à son arrivée au palais de justice de Paris, le 8 décembre 2020
Nicolas Sarkozy à son arrivée au palais de justice de Paris, le 8 décembre 2020 © AFP / Martin BUREAU

Nicolas Sarkozy est donc bien reconnu coupable de corruption et de trafic d'influence, tout comme ses deux co-prévenus. Thierry Herzog est également reconnu coupable de violation de secret professionnel et Gilbert Azibert de recel de violation de secret professionnel.

Les trois hommes écopent de la même peine : trois ans de prison, dont deux avec sursis. Thierry Herzog est également condamné à une interdiction d'exercer de 5 ans. La peine est intégralement aménageable, l'ancien président de la République ne devrait donc pas aller en prison. Il a également annoncé faire appel, ce qui remet les compteurs à zéro en attendant un nouveau procès.

Ces trois peines sont légèrement inférieures aux réquisitions (qui réclamaient 4 ans de prison, dont 2 avec sursis).

Le tribunal a notamment estimé que "la preuve du pacte de corruption ressort d'un faisceau d'indices graves et concordants, basé sur l amitié entre les trois hommes".

Le tribunal a retenu comme "indices de participation à une infraction" la quasi-totalité des écoutes téléphoniques (21 ont été retenues, deux écartées car "sans valeur probante"), dont la légalité est contestée par la défense.

Rattrapé par une affaire de 2014

Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l'ancien magistrat à la Cour de cassation Gilbert Azibert comparaissaient pour ce que le Parquet national financier qualifie de "pacte de corruption" en 2014. Il estimait en effet que Gilbert Azibert avait fourni des informations couvertes par le secret (un arrêt dans l'affaire Bettencourt), et tenté d'influencer la décision sur un pourvoi en cassation de l'ancien président de la République, en échange de son soutien pour un poste de magistrat à Monaco.

Le procès a duré trois semaines, devant le tribunal de Paris. Une affaire aux "effets dévastateurs", qui "vient cogner les valeurs de la République".