Le siège de la Fifa, à Zurich.
Le siège de la Fifa, à Zurich. © Radio France

Six mois après un premier coup de filet pour des soupçons de corruption, deux autres hauts-responsables de l’instance du football mondial ont été interpellés en Suisse.

L’ironie de la situation fait sourire. Alors qu'à Zurich, le comité exécutif de la Fifa, réfléchit aux moyens de retrouver sa crédibilité, deux de ses membres ont été arrêtés ce jeudi à l’aube, à la demande des Etats-Unis et en vue de leur extradition.

Il s’agit des vice-présidents hondurien et paraguayen, Alfredo Hawit Banegas et Juan Angel Napout. Tous les deux auraient touché plusieurs millions de dollars en échange de la vente de droits de marketing en lien avec la diffusion de tournois en Amérique latine et de qualification pour la Coupe du monde, selon le ministère suisse de la Justice.

Malgré ces nouvelles arrestations, la Fifa a comme si de rien n'était. Le comité exécutif s'est poursuivi comme prévu, avec l'approbation à l'unanimité d'un programme de réformes censé garantir sa probité.

  • le plafonnement à 12 ans des mandats cumulés du président de l'organisation et des membres du comité exécutif
  • un contrôle renforcé de l'intégrité des membres de ce même comité
  • un rééquilibrage des pouvoirs au sein de la Fifa

Des réformes encore plus nécessaires au vu des deux dernières interpellations, a déclaré le président de la Fifa par intérim, Issa Hayatou.

Cette crise est une opportunité unique pour amorcer le changement et débuter une nouvelle ère

Six mois de scandale

C’est à Zurich déjà, que le scandale a éclaté il y a six mois. Et le scénario est quasiment identique. Le 27 mai, la police fait irruption dans le palace Baur au Lac, où les dirigeants de la FIFA ont leurs habitudes, et arrête sept de ses responsables, soupçonnés de corruption et de blanchiment d’argent. Au total, 14 personnes, dont neuf actuels ou anciens de la Fifa, sont aujourd’hui mises en cause dans l’acte d’accusation de la justice américaine, qui évoque quelque 132 millions d’euros de pots-de-vin et de rétrocommissions depuis les années 1990.

Le siège de la Fifa à Zurich a par ailleurs été perquisitionné dans le cadre d’une procédure distincte, ouverte contre X, sur des soupçons de blanchiment d’argent et gestion déloyale autour de l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022, confiés respectivement à la Russie et au Qatar.

Les révélations ont emporté dans leur tourbillon le président de la Fifa depuis 1998, Joseph Blatter. A peine réélu au mois de juin, il a annoncé qu’il démissionnait, tout en restant à son poste jusqu’à l’élection de son successeur le 26 février prochain.

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