Mgr Barbarin célebrant un messe à Paris
Mgr Barbarin célebrant un messe à Paris © MaxPPP

Des victimes du père Preynat demandent une audience privée au pape François afin d'avoir des explications dans la gestion du scandale de pédophilie qui touche le diocèse de Lyon. Elles accusent le cardinal Barbarin de complaisance.

Le diocèse de Lyon est toujours dans la tourmente. Le 27 janvier, le père Bernard Preynat a été mis en examen pour agressions sexuelles dans un camp scout. Devant le juge, il a déjà reconnu l’agression de treize jeunes garçons, dont trois viols. Les faits se sont déroulés entre 1970 et 1991, alors que le père Preynat encadrait le groupe de scout Saint-Luc à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la banlieue ouest de Lyon. A la suite d'un premier signalement par une famille, il avait été écarté de ce groupe, tout en continuant à être en contact avec des enfants, notamment lors de cours de catéchisme.

Accusations de complaisance

L'archevêque de Lyon est accusé de complaisance par plusieurs victimes, regroupées au sein de l'association "La Parole libérée". Fin février, la justice a ouvert une enquête pour "non dénonciation de crime" et "mise en danger de la vie d'autrui". Trois plaintes ont déjà été déposées.

On avait extrêment peur de cet homme qui vous prend dans ses bras, vous embrasse partout et vous force à le carresser.

Alexandre a été victime du père Preynat à la fin des années 1980, alors qu'il avait 8 ans. Philippe Randé l'a rencontré.

Selon l'avocat du père Preynat, le religieux, désormais septuagénaire, a déclaré au juge que "les faits étaient connus par les autorités ecclésiastiques depuis 1991 ". Mi-février, dans un entretien au journal La Croix, le cardinal Barbarin a déclaré avoir été mis au courant de "comportements " de ce prêtre "vers 2007-2008 ". Il s'en remet à la justice pour faire son "travail de vérité" mais n'envisage pas de démissionner.

Le cardinal Barbarin, interrogé le 10 mars par Christophe Vincent de notre bureau à Lyon.

Lettre au pape

Ce lundi 14 mars, certaines des victimes ont écrit au pape François pour lui demander une audience privée, afin d’avoir des explications sur la gestion du dossier par le cardinal Barbarin. Elles demandent l’intervention du pape par "un geste fort ", estimant que le diocèse de Lyon est "juge et partie " dans cette affaire, tout en assurant n’être animées "d’aucun esprit de vengeanc e".

Bertrand Virieux, membre de l'association "La Parole libérée" qui a écrit au pape François, espère que la "tolérance zéro" prônée par le Vatican en matière de pédophilie, soit suivie des faits.

Le Saint Siège a soutenu le cardinal Barbarin. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a estimé que l’archevêque de Lyon "a traité avec une extrême responsabilité " ce dossier. Le président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Georges Pontier, a déclaré que le cardinal était "rigoureux " dans sa gestion du dossier. Ces propos ont suscité l'incompréhension des victimes qui demandent donc plus d'explications au pape.

Philippe Randé à Lyon, où il a rencontré les victimes, le cardinal Barbarin, ainsi que les fidèles de la cathédrale Saint-Jean.

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