Les ennuis judiciaires se poursuivent pour Serge Dassault. Déjà cité dans une affaire de tentative d'assassinat, le sénateur UMP, ancien maire de Corbeil-Essonnes, est visé par une enquête sur des achats de votes lors des dernières municipales. Son immunité parlementaire pourrait être levée.

l'immunité de serge dassault préservée par le sénat
l'immunité de serge dassault préservée par le sénat © reuters

A 88 ans, Serge Dassault n'exclut pas de défendre son poste de sénateur l'an prochain. Mais l'industriel et ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes risque d'ici là de devoir s'expliquer devant la justice.

Le 14 novembre, deux juges du pôle financier de Paris ont en effet rédigé une demande de levée de l'immunité parlementaire du sénateur. Ils enquêtent sur des soupçons d'achat de votes lors des élections municipales à Corbeil-Essones entre 2008 et 2010.

Pour l'heure, la procédure suit son cours : le parquet de Paris a émis un avis favorable à cette requête avant de la transmettre au parquet général. Si le bureau du Sénat vote à la majorité cette demande, Serge Dassault pourrait être entendu dans le cadre d'une garde à vue.

Serge Dassault a toujours contesté ces dons

L’affaire remonte à 2008. Des sommes d’argent avaient été versées par le sénateur aux habitants de Corbeil-Essonnes. La question pour les juges est de savoir si cela était dans le but d’acheter des voix. L'élection municipale avait vu la réélection de Serge Dassault avant d’être invalidée un an plus tard par le Conseil d'Etat. En cause : des dons, que l'industriel a toujours contestés.

Les explications de Benoît Collombat, dans le journal de 18 heures d'Angélique Bouin.

En mars dernier, une information judiciaire a été ouverte à Paris pour abus de biens sociaux, corruption, blanchiment et achat de votes.

Mais ce n’est pas la seule affaire qui concerne Serge Dassault. Le 14 octobre, après quatre heures d’auditions à Evry, l’industriel était ressorti libre mais maintenu sous le statut de témoin assisté.

Serge Dassault était entendu pour s'expliquer sur ses liens avec Younès Bounouara, l'auteur d’une fusillade survenue en début d'année en plein centre-ville de Corbeil-Essonnes. Selon les juges, des versements d'argent émis par Serge Dassault (plus d’1, 5 million d'euros) pourraient être à l'origine de ces échanges de tirs.

Visé par la loi sur la transparence de la vie politique

Le bureau du Sénat avait alors refusé de lever l'immunité parlementaire de l'élu. Une menace qui plane à nouveau au-dessus de Serge Dassault, même si pour l’instant aucune date n’a été annoncée pour ce vote, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons d’achats de votes.

Si le Sénat se prononçait contre cette levée d’immunité, la 5e fortune française aurait de toute façon à se battre sur le terrain politique. La loi sur la transparence de la vie politique, adoptée début novembre, interdit en effet tout mandat parlementaire au président d'une société dont les filiales exercent une activité qui dépend de l'Etat. Avec son groupe de défense et d’aviation, Serge Dassault est clairement dans le collimateur.

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