En décembre 2018, 3600 personnes fichées comme radicalisées devaient être réévaluées par les services de renseignement. Selon nos informations, s'il reste quelques fiches à mettre à jour, l'essentiel du travail est terminé.

Entrée du Ministère de l'Intérieur place Beauvau à Paris
Entrée du Ministère de l'Intérieur place Beauvau à Paris © Radio France / Elodie Guéguen

Où en sont les réformes internes des Services de renseignement français depuis les attentats de 2015, comment ont été gérés les échecs, les failles, les ratés face à certains passages à l'acte ? Combien de dossiers de personnes fichées comme radicalisées sont encore à réévaluer ? Le rapport de la délégation parlementaire au renseignement, publié mercredi, devait répondre à ces questions.

► DOCUMENT - Le rapport complet sur le site de l'Assemblée nationale

Les députés ont mis en avant le chiffre de 3600 individus en attente d'une réévaluation de leurs cas fin... Mais c'était en décembre 2018. Selon nos informations, il reste bien encore quelques fiches à mettre à jour, mais l'essentiel du travail est bouclé.

Une circulaire du ministère de l'Intérieur avait donné six mois aux services de renseignements, à la DGSI (direction Générale de la Sécurité Intérieure, dont le siège est à Levallois-Perret près de Paris), aux policiers du Renseignement Territorial et aux gendarmes, pour mettre à jour ces 3600 derniers noms fichés pour radicalisation. Ces fiches n'avaient pas encore fait l'objet d'une réévaluation et d'un classement en trois niveaux de surveillance.

"On a divisé par dix nos dossiers à réévaluer"

Selon nos informations, sur les quelque 10.000 dossiers réexaminés depuis trois ans, il reste encore quelques dizaines de dossiers à traiter de personnes inscrites au FSPRT (fichiers des signalements pour la prévention de la radicalisation), en attente d'être réévaluées par les différents services du renseignement intérieur.

Tout en sachant que les services ont chaque semaine de nouveaux cas à traiter, des surveillances, "des coups de sonde" à mettre en place pour évaluer la dangerosité potentielle de certaines personnes, rappelle un commissaire au ministère de l'intérieur. Selon lui, les dossiers encore en attente d'une réévaluation sont à chaque fois des "bas du spectre", ceux qui ne font plus parler d'eux depuis un certain temps.

"On a divisé par dix le nombre de dossiers à traiter", affirme une source proche de la DGSI.Pour ceux qui ne l'ont pas encore été, "une bonne partie sera sans doute clôturée, faute de nouveaux éléments nécessitant une surveillance ponctuelle ou régulière". Selon nos informations, il reste à peine plus de dossiers à traiter du côté du Renseignement Territorial, qui était chargé d'une grande majorité des 3600 dossiers concernés depuis le début de l'année.

Des critères d'évaluation désormais identiques dans toutes les préfectures

Les méthodes d'évaluation des personnes signalées comme radicalisées sont désormais communes à tous les services concernés pour faciliter les décisions des GED (les groupes d'évaluation départementaux) qui se réunissent chaque semaine dans les préfectures. Des grilles d'analyse plus homogènes, qui facilitent des choix de surveillance à mettre en place quand les dossiers passent d'une préfecture à l'autre, ou d'un service à l'autre.

Mais s'il y a désormais plus de cohérence dans le suivi et l'évaluation des dossiers de personnes signalées comme radicalisées, un responsable place Beauvau assure que "cela n'enlève rien à la difficulté de détection de signaux faibles avant un éventuel passage à l'acte : c'est toujours aussi compliqué".

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