Une manifestation à la mémoire de Rémi Fraisse à Paris
Une manifestation à la mémoire de Rémi Fraisse à Paris © MaxPPP

Le président socialiste du Conseil général du Tarn a annoncé mercredi qu'il envisageait de "suspendre les travaux " sur le site du barrage contesté de Sivens, après le décès dimanche d'un manifestant de 21 ans qui fait désormais l'objet d'une information judiciaire.

Après le décès dimanche de Rémi Fraisse, 21 ans, le président socialiste du Conseil général du Tarn a annoncé mercredi soir qu'il envisageait de "suspendre les travaux " sur le site du barrage contesté de Sivens. Les travaux sont, de fait, interrompus depuis la mort du jeune Toulousain Rémi Fraisse, dimanche, au cours de violents affrontements nocturnes entre opposants au barrage et gendarmes.

Heurts à Paris lors d'un rassemblement à la mémoire de Rémi Fraisse

Mercredi soir, environ 300 personnes s'étaient rassemblées place de l'Hôtel de Ville à Paris pour saluer la mémoire du jeune manifestant, probablement victime d'une grenade des forces de l'ordre ce week-end. Après un début de rassemblement dans le calme, les CRS ont été pris à partie. Plusieurs dizaines de manifestants ont été interpelés.

Heurts lors d’un rassemblement à Paris : le reportage de Jérome Jadot

Deux juges d'instruction saisis

Après la découverte de traces de TNT sur ses vêtements, l'enquête privilégie désormais la thèse d'un décès dû à l'explosion d'une grenade offensive lancée par un militaire. Mercredi le parquet de Toulouse a ouvert une information judiciaire contre X du chef de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ". La cosaisine de deux juges d'instruction a été requise par le parquet.

Le patron des gendarmes ne suspendra pas le tireur

Le patron des gendarmes a cependant exclu de suspendre le tireur de la grenade qui pourrait être à l'origine de la mort de Rémi Fraisse, décrit par ses proches et sa famille comme "foncièrement pacifiste ". Après avoir exprimé sa "compassion " pour la famille du manifestant, le directeur général de la gendarmerie nationale, Denis Favier, a dit accorder son "soutien total " à l'escadron qui a dû faire face aux manifestants.

Ces hommes ont fait l'objet de tirs de pierres, de tirs de boulons, de cocktails Molotov, et ont été malmenés par des gens qui avaient très clairement la volonté d'en découdre

Ces hommes, assure Denis Favier, "pendant des heures ont été harcelés, ont fait l'objet de tirs de pierres, de tirs de boulons, de cocktails Molotov, et ont été malmenés par des gens qui avaient très clairement la volonté d'en découdre ".

"Ils étaient clairement là pour en découdre" – Denis Favier/Gendarmerie Nationale

La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé qu'elle réunirait mardi prochain "l'ensemble des parties prenantes " au dossier de projet. "Il faut que l'on trouve une solution ."

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