Jean-Vincent Placé comparaissait ce mercredi en correctionnelle pour "violences, injures à caractère racial et outrage à agents" après une nuit mouvementée en avril dans un bar parisien. Il avait plus de 2 grammes d'alcool par litre de sang.

Jean-Vincent Placé au tribunal correctionnel de Paris le 11 juillet 2018
Jean-Vincent Placé au tribunal correctionnel de Paris le 11 juillet 2018 © AFP / JACQUES DEMARTHON

"On avait entrepris avec un autre élu une discussion avec au moins deux jeunes femmes. On leur avait proposé de leur payer des verres mais on a dû être insistants car ça s'est mal passé", avait expliqué l'ancien secrétaire d'Etat du gouvernement Valls Jean-Vincent Placé aux policiers venus l'interpeller le soir des faits.

L'une des jeunes femmes, alors âgée de 21 ans, relate les propos de Jean-Vincent Placé à son endroit :

Je suis ministre, ce qui me ferait très plaisir, c'est que tu danses pour mon ami.

Face à son refus, elle affirme que l'élu, aujourd'hui conseiller régional d'Ile-de-France, l'avait alors violemment saisie par le bras avant de lui lancer :

Mais vas-y, je te paye !

Plusieurs témoins ont confirmé les dires de la jeune femme, qui affirmait avoir été très choquée.

L'un des videurs du bar était alors intervenu. Selon lui, Jean-Vincent Placé avait proféré des injures racistes à son encontre :

On n'est pas au Maghreb ici, tu sais pas qui je suis, je vais te descendre en Afrique, moi (...). On n'est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions (...). Le prix de ma chemise, ça fait un RSA pour ta famille.

A l'arrivée de la police, Placé aurait lancé aux agents : 

Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis !

Durant sa garde à vue, Jean-Vincent Placé, qui totalisait un taux d'alcoolémie de plus de 2 grammes d'alcool par litre de sang, avait reconnu un comportement "inadapté et moralement répréhensible" vis-à vis de la jeune femme mais contesté l'avoir brutalisée ou insultée. 

Il reconnaissait avoir dit au videur du bar : "On n'est pas au Maghreb ici" mais contestait toute arrière-pensée raciste. 

Enfin, l'ex-sénateur ne conteste pas l'outrage à agents mais l'explique par son exaspération d'avoir été appréhendé alors qu'il venait de recevoir une "gifle de légionnaire" du portier qui lui avait cassé ses lunettes et qui, lui, n'était pas inquiété. 

Placé a honte et se soigne

Jean-Vincent Placé a reconnu à la barre mercredi avoir bu à l'excès :

J'avais évidemment trop bu. Je suis honteux de m’être retrouvé dans cette situation.

Il s'était également excusé dans une interview dans Paris Match et avait dit vouloir soigner son alcoolisme.  

Je mesure bien la honte et l'indignité d'avoir été en état d'ébriété, d'avoir eu un comportement déplacé et inconvenant. J'en paierai les conséquences. Je le dois à ma famille, auprès de laquelle je m'excuse aussi.

Il précisait dans l'hebdomadaire avoir également écrit une lettre d'excuses au préfet de police.

Il y a eu des excès, de l'alcoolisme. J'assume le mot. C'est une maladie, l'alcoolisme. Je veux solder le temps d'avant, présenter mes excuses et arrêter de boire. Mais après, je veux qu'on me laisse tranquille.

Sentiment de supériorité

"Son sentiment de supériorité qui s’est exprimé ce soir-là, c’est le fil rouge de cette affaire”, a estimé le procureur ce mercredi.

Le procureur a requis six mois de prison avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve avec obligation de soins à l'encontre de Jean-Vincent Placé pour les faits de violences et outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Par ailleurs, le procureur a requis 1 000 euros d'amende pour les injures racistes 

Le jugement a été mis en délibéré au 10 septembre prochain.

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