Un ancien Premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle 2017 devant la justice : François Fillon, son épouse et son ancien suppléant seront ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris. Retour sur ce dont on les accuse et ce qu’ils encourent.

Marc Joulaud, Penelope Fillon et son mari François, trois personnages au cœur d’un même procès
Marc Joulaud, Penelope Fillon et son mari François, trois personnages au cœur d’un même procès © AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER

Un retour en pleine lumière malgré lui

C'était il y a 3 ans : en pleine campagne pour l'élection présidentielle, les soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon entraînaient la déroute de son époux François Fillon, arrivé troisième d'un scrutin dont il était, avant l'affaire, le favori. L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a depuis complètement abandonné la vie politique, il travaille désormais pour un fonds d'investissement.

François Fillon va pourtant revenir en pleine lumière : son procès s'ouvre ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, jusqu'au 11 mars. À ses côtés, son épouse, et son ancien suppléant au siège de député de la Sarthe, Marc Joulaud. Tous trois sont poursuivis pour détournement de fonds publics et complicité de ces faits. Ils encourent dix ans d'emprisonnement, de lourdes amendes et des peines d'inéligibilité.

De l'affaire Fillon, on se souvient des costumes, des emplois de Penelope Fillon mais aussi de ses enfants, des liens avec le milliardaire Marc Ladreit de la Charrière... Mais qu'est ce qui sera vraiment jugé par le tribunal ? Qu'est ce que la justice reproche précisément à l'ancien Premier ministre ?

Plusieurs délits qu’il conteste

La seule erreur que François Fillon reconnaît, c'est d'avoir accepté les costumes offerts par l'avocat Robert Bourgi. Mais il n'est pas poursuivi pour ces faits : les juges n'ont pas trouvé de contrepartie à ces généreux cadeaux.

Tout le reste, il le conteste. Les emplois de son épouse Penelope comme sa collaboratrice parlementaire, entre 1998 et 2013, n'étaient pas fictifs, assure-t-il, et les 408 000 euros qu'elle a touchés était légitimes. Il est également poursuivi pour complicité dans les délits reprochés à son suppléant Marc Joulaud : lui avait rémunéré Penelope Fillon à hauteur de 645.000 euros.

Pour les jobs de Charles et Marie Fillon, ses enfants, employés au Sénat entre 2005 et 2007, il devra répondre de soupçons d'emplois fictifs ou surévalués, pour un total de 117 000 euros.

Vient ensuite le contrat de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de la Charrière : il est reproché à François Fillon d'être l'instigateur de ce que les juges qualifient "d'emploi de pure complaisance".

Le dernier délit jugé est un oubli : François Fillon avait omis de déclarer à la haute autorité pour la transparence de la vie publique un prêt de 50.000 euros, accordé là aussi par Marc Ladreit de la Charrière

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Sans doute un faux départ

Toutefois, le procès pourrait ne pas commencer dès ce lundi, comme prévu. En effet, les avocats des trois prévenus ont demandé un renvoi, par solidarité avec le mouvement de grève des avocats. Il semble probable que le tribunal accorde ce renvoi, jusqu'à la prochaine audience prévue mercredi.

Pour le fond du dossier, il faudra encore attendre jeudi : le tribunal commencera en effet par des questions prioritaires de constitutionnalité posées par la défense, notamment sur la prescription des faits, et sur la définition du délit de détournement de fonds publics.

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