Jean-Claude Ameisen à la barre par Mathilde Beaufils
Jean-Claude Ameisen à la barre par Mathilde Beaufils © Esba TALM - Angers

Jusqu’où faut-il aller dans le soulagement de la souffrance ? Jusqu’à la mort ? C’est l’une des questions qui sous-tend ce procès. Et que les premiers « grands témoins » invités à témoigner à l’audience remettent au cœur des débats.

Voix grave, crinière blanche, Jean-Claude Ameisen s’avance à la barre. Le président du comité national d’éthique évoque d’emblée « le drame que constitue la fin de vie pour la majorité de nos concitoyens ».

Un drame parce que les services de soins palliatifs français sont insuffisants. « 25% des 90 000 personnes âgées en EHPAD vont aller finir leur vie à l’hôpital et de manière prépondérante en service d’urgence » déplorera, juste après lui l’ancienne ministre des Personnes âgées, Michèle Delaunay.

Un drame parce qu’ « on est dans un pays où la souffrance et la douleur ne sont pas suffisamment prises en compte », regrette de son côté Jean-Claude Ameisen. Et pour lui, cette douleur et cette souffrance sont le cœur du problème. Ce n’est qu’au début des années 1980, explique le médecin à la barre, qu’une chirurgienne anglaise a décidé pour la première fois d’anesthésier un nouveau-né avant de l’opérer. Avant cela, on ne considérait pas leur souffrance. Depuis, on sait que la douleur pouvait causer leur mort.

Michèle Delaunay par Thomas Mélandre
Michèle Delaunay par Thomas Mélandre © Esba TALM - Angers

Or, Nicolas Bonnemaison le martèle depuis l’ouverture de son procès : on n’est pas capable aujourd’hui d’évaluer la souffrance psychique d’un patient dans le coma. Alors « il faut envisager le pire. »

Jean-Claude Ameisen, lui, préfère évoquer la question autrement : « en fin de vie, le problème essentiel est la douleur et la souffrance et pas le temps qu’il reste à vivre. »

Mais ce sont là des réflexions éthiques. La loi, elle, n’en est pas là. Elle n’y sera peut-être jamais si l’on en croit la députée Michèle Delaunay : « la loi ne pourra jamais tout résoudre. Nous le voyons affaire après affaire. »

Celle-ci ne fait pas exception.

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