Deux policiers étaient accusés de viol par une touriste canadienne. La justice les met hors de cause.

Quai des orfèvres
Quai des orfèvres © Radio France / Mbzt

L’affaire avait scandale en avril 2014. Une touriste canadienne avait accusé deux policiers de la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de l’avoir violée dans les mythiques locaux de la police judiciaire de Paris.

Tous trois avaient passé la soirée dans un pub irlandais en face du 36, quai des Orfèvres. Les fonctionnaires, âgés de 37 et 46 ans, qui n’étaient pas en service ce soir-là, lui avaient fait visiter les locaux. La jeune femme de 34 ans en était ressortie très choquée et avait porté plainte pour viol. Les empreintes génétiques des deux policiers avaient été retrouvées sur les sous-vêtements de la jeune femme, ainsi qu'une troisième empreinte, inconnue. Une opération inédite de prélèvements ADN avait été menée en septembre 2015 sur des fonctionnaires de la PJ, sans résultat. L’un des policiers avait évoqué une relation sexuelle "consentie", l'autre niait tout rapport.

Deux versions fragiles

Les juges d’instruction ont donc prononcé ce mercredi un non-lieu. Les deux hommes sont désormais libres de toute poursuite, bien que le parquet avait demandé, mi-juin le renvoi des policiers devant les assises pour "viols en réunion". Dans leur ordonnance, selon une source proche du dossier citée par l’Agence France Presse, les juges estiment que les propos tenus par la touriste canadienne sont "souvent défensifs" et empêchent "de se fonder sur la sincérité de sa parole pour reconstruire les faits qu'elle dénonce". Ils ont également noté des "mensonges" dans les déclarations des policiers, mais justifiés, selon les magistrats, par leur volonté "de dissimuler des pratiques sexuelles extra-conjugales" et "de se défendre".

Maître Sophie Obadia, avocate de la jeune femme, a fait appel de "cette décision ahurissante".

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Maître Sophie Obadia, sur le non-lieu dans l'enquête sur les soupçons de viol au 36, quai des Orfèvres

Par Nathalie Hernandez

L'avocat d'un des deux policiers, Maître Sébastien Schapira, se félicite en revanche que les juges aient "tenu compte des contre-vérités et des incohérences dans les déclarations de la plaignante. (...) Mon client dont la vie familiale et professionnelle a été dévastée par ces accusations est ému et soulagé que son innocence soit ainsi reconnue".

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