La justice française enquête sur de possibles rétro-commissions autour de la vente de sous-marins au Brésil et cherche à mettre en lumière d'éventuelles complicités françaises.

En 2009, alors que Nicolas Sarkozy était président de la République, un contrat de plusieurs milliards d'euros a été signé avec le Brésil pour la construction de sous-marins Scorpene
En 2009, alors que Nicolas Sarkozy était président de la République, un contrat de plusieurs milliards d'euros a été signé avec le Brésil pour la construction de sous-marins Scorpene © AFP / MYCHELE DANIAU

La justice française enquête sur des soupçons de corruption autour d'une importante commande de sous-marins français par le Brésil en décembre 2008, et dont le montant représente plusieurs milliards d'euros.

D'après les informations du Parisien, l'enquête du parquet national financier (PNF) a été ouverte en octobre dernier pour "corruption d'agents publics étrangers" et fait suite aux aveux d'Emilio et de Marcel Odebrecht. Père et fils, ils sont fondateur et patron de la plus grande entreprise de BTP brésilienne. La société Odebrecht qui se retrouve par ailleurs impliquée dans à peu près tous les grands scandales de corruptions actuels, et en particulier sur les chantiers des Jeux olympiques de Rio.

Les noms des élus corrompus bientôt connus ?

En mauvaise passe, les patrons d'Obredecht et certains hauts cadres de l'entreprise cherchent visiblement à négocier des réductions de peines en échanges de révélations, comme les noms des élus qu'ils ont arrosé et les différents contrats concernés.

Des contrats parfois juteux, comme celui de la création de la base militaire qui abritera les sous-marins d'attaque Scorpène construits en partenariat avec les chantiers français DCNS, ratifié en 2009 entre les président Lula et Sarkozy, pour la bagatelle de sept milliards d'euros.

Surfacturation et lobbies

Selon les dépositions recueillies par le PNF, le contrat PROSUB (programma de submarinos) aurait été surfacturé de près de 40 millions d'euros par le bétonneur brésilien. L'enveloppe, remise en grande partie au lobbyste Amaro Pinto Ramos, aurait été ensuite répartie entre plusieurs intermédiaires.

Les magistrats français cherchent donc à savoir s'il y a eu des complicités françaises dans ce pacte présumé de corruption et éventuellement, bien sûr, des rétro-commissions. De son côté, le constructeur naval DNC assure qu'il "respecte partout dans le monde les règles de droit".

Le spectre Karachi

Évidemment, cette affaire rappelle curieusement la vente et la construction de sous-marins Agosta au Pakistan, au début des années 90, où l'on retrouve des commissions versées à des intermédiaires et des rétro-commissions présumées. L'affaire s'était terminée en 2002 par l'attentat de Karachi.

Plusieurs proches de Nicolas Sarkozy et d'Edouard Balladur ont été renvoyés en correctionnelle, mais le dossier est toujours à l'instruction devant la cour de justice de la République.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.