claude guéant placé en garde à vue dans l'affaire tapie
claude guéant placé en garde à vue dans l'affaire tapie © reuters

L'ancien ministre de l'Intérieur est mis en examen pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée" et pour "faux et usage de faux" en marge de l'enquête sur un éventuel financement occulte de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007.

Un industriel saoudien a également été mis en examen aux côtés de Claude Guéant hier soir dans ce volet qui concerne des mouvements de fonds suspects sur les comptes de l'ancien ministre.

Claude Guéant était entendu depuis 6h45 vendredi matin. Samedi après-midi, il a été présenté à un juge du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Les enquêteurs s'interrogent notamment sur l'origine d'une somme de plus de 500 000 euros versée sur son compte.

Un dossier qui se dégonfle ?

L'avocat de Claude Guéant évoquait hier soir un dossier qui se dégonflait : "on est passé d'un soupçon de financement occulte à un fraude fiscale", relativise Maître Bouchez el-Ghozi.

Maître Bouchez el-Ghozi sur I-Télé

Certes l'ancien ministre se retrouve poursuivi pour avoir dissimulé la vente de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIème siècle au prix de 500 000 €, un demi-million qui lui avait permis en 2008 d'acheter comptant un appartement parisien.

Claude Guéant a toujours affirmé avoir cédé ces tableaux à Maitre Rajendram, un avocat malaisien qui aurait eu le coup de foudre. Mais cet avocat n'était certainement qu'un intermédiaire entre l'ancien ministre et l'industriel saoudien mis en examen également hier soir. Khaled Ali Bugshan est à la tête d'un empire industriel fondé sur l'immobilier, la cosmétique et l'armement. Son nom est déjà apparu dans le volet financier de l'affaire Karachi. Et les enquêteurs continueront de s'intéresser à sa proximité avec l'ancien régime libyen puisqu'ils sont justement à la recherche d'un éventuel financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy.

Des tableaux vendus à des prix anormalement élevés

D'après le ministère de la Culture, Claude Guéant n'avait pas demandé de certificat d'exportation, alors que tout tableau d'une valeur supérieure à 150.000 euros doit obtenir ce certificat du ministère pour être autorisé à sortir de France. L'acheteur malaisien pouvait avoir laissé les tableaux à Paris.

De plus, la valeur de ces tableaux est également contestée par les spécialistes. De l'avis d'Artprice, le prix d'acquisition est une "anomalie par rapport au prix du marché". Le record pour un van Eertvelt est de 140 000 euros. Et un tableau de la taille de ceux de Claude Guéant (30x60 cm) vaut dans les 15 000 euros, selon la société française qui suit la cote des artistes aux enchères.

Claude Guéant affaires / garde à vue
Claude Guéant affaires / garde à vue © Radio France / ide
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