ARCHIVES. Les cinq interpellations de ce mercredi 14 juin relancent l'enquête sur la mort de Grégory Villemin, 4 ans, noyé en 1984. Une affaire vieille de 33 ans.

Les parents de Grégory Villemin, un mois après le meurtre
Les parents de Grégory Villemin, un mois après le meurtre © AFP / Eric Feferberg

Découverte du corps de Grégory

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, 4 ans, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt l'appel téléphonique d'un "corbeau" revendiquant l'assassinat. Le lendemain, lettre anonyme à ses parents, Jean-Marie et Christine Villemin : "Ton fils est mort. Je me suis vengé."

► ECOUTER | Le journal de Patrice Bertin le 17 octobre 1984 : "un sordide règlement de comptes familial" et le reportage de Jacques Expert "Depuis trois ans, la famille de Grégory est torturée par un maniaque"

Bernard Laroche inculpé, relâché puis tué

Le 5 novembre, Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, est inculpé d'assassinat par le juge Jean-Michel Lambert et écroué. Sa belle-soeur Murielle Bolle et des expertises graphologiques le dénoncent.

DOCUMENT EXCLUSIF : Jean-Marie Villemin au micro de l'envoyé spécial de France Inter Jacques Expert :

Ma femme et moi avons l'intime conviction que c'est Laroche. Ca peut-être qu'un type comme ça.On veut savoir pourquoi il a fait ça.

Deux jours après, Murielle Bolle se rétracte. Bernard Laroche est ensuite libéré, mais reste sous le coup de l'inculpation.

Le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin, persuadé que Bernard Laroche est le meurtrier de son enfant, tue son beau-frère d'un coup de fusil.

ECOUTER | Le journal de France Inter du 29 mars 1985 avec les témoignages de Maitre Garaud et de Jean-Marie Villemin

L'avocat du couple Villemin Maitre Garaud, au micro de Philippe Reltien :

Le drame s'ajoute au drame. Mais il faut comprendre les parents de Grégory. Quand vous perdez un enfant, qui plus est assassiné, cela entraîne un trouble terriblement profond.

La mère de Grégory est inculpée pour assassinat...

Le 5 juillet 1985, Christine, est désignée comme possible corbeau par des graphologues.

Ca me laisse froide parce que j'ai rien à me reprocher (...) On était très heureux tous les trois, je vois pas pourquoi j'aurais fait ça. On m'a pris mon fils et puis c'est tout.

Enceinte de son deuxième enfant, elle est interpellée à l'hôpital, où elle séjourne à la suite d'un malaise. Elle est inculpée pour assassinat et placée durant quelques jours en détention préventive.

... puis relâchée

Devant "l'absence totale de preuves" elle est relâchée. Le 3 février 1993, un non-lieu est prononcé. Son casier judiciaire est de nouveau vierge, elle est réhabilitée.

Le père de Grégory est condamné

Ouverture du procés de Jean-Marie Villemin pour le meurtre de Bernard Laroche en novembre 1993
Ouverture du procés de Jean-Marie Villemin pour le meurtre de Bernard Laroche en novembre 1993 © Reuters / pool

Le 16 décembre 1993, Jean-Marie Villemin est condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche. Il sera libéré quelques jours après, ayant purgé l'essentiel de sa peine en détention préventive, de mars 1985 à décembre 1987.

L'Etat est condamné

Le 30 juin 2004, l'Etat est condamné à verser 35 000 euros à chacun des parents de Grégory pour dysfonctionnement de la justice.

L'enquête est rouverte

Le 3 décembre 2008, la cour d'appel de Dijon, saisie par les époux Villemin, ordonne la réouverture de l'enquête pour une nouvelle recherche d'ADN. Une précédente analyse d'ADN, en 2000-2001, n'avait rien donné.

L'ADN ne donne rien

Le 24 avril 2013, le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les résultats non concluants des dernières analyses ADN et annonce que le dossier n'est pas clos, mais que d'un point de vue scientifique, "l'espoir" de trouver le coupable "s'éloigne".

Cinq membres de la famille entendus, trois placés en garde à vue

Le 14 juin 2017, Marcel Jacob, oncle de Jean-Marie Villemin, et sa femme Jacqueline, ainsi qu'une belle-soeur, Ginette Villemin, sont interpellés dans les Vosges. Ils sont placés en garde à vue. Les grands-parents de Grégory, Monique et Albert Villemin, sont également entendus, mais en audition libre. Les trois gardes à vue sont prolongées de 24 heures le 15 juin.

La grand-mère paternelle de Grégory fait partie des cinq personnes entendues ce 14 juin 2017 (mais non placée sous le régime de la garde à vue)

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