richard dément avoir mis en cause l'elysée dans le dossier tapie
richard dément avoir mis en cause l'elysée dans le dossier tapie © reuters

Stéphane Richard et Jean-François Rocchi vont être présentés dans la journée aux juges d'instruction chargés de "l'affaire Tapie", et pourraient être mis en examen. L'enquête porte sur l'arbitrage qui a mis fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais.

Stéphane Richard, actuellement patron d'Orange, était à l'époque directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde. A la même époque, Jean-François Rocchi dirigeait la structure chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais, le Consortium de réalisation (CDR). Tous deux sont entendus depuis lundi par la police sur leur rôle dans la décision de recourir à cet arbitrage. Leur garde-à-vue a pris fin ce matin.

Les juges d'instruction du pôle financier de Paris enquêtent sur cet arbitrage qui a permis, en juillet 2008, à l'homme d'affaires Bernard Tapie d'obtenir 403 millions d'euros d'indemnités, intérêts inclus. Ils cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d'irrégularité et s'attachent pour cela à démonter la chaîne de prises de décision ayant conduit au choix de recourir à un tribunal privé. Ils étudient en particulier le mode de désignation des arbitres et la décision du gouvernement de ne pas contester cet arbitrage malgré des soupçons d'irrégularité.

Le 29 mai, l'un des trois juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup, a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée", donnant un tour spectaculaire à cette affaire. Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l'arbitrage et la décision de renoncer à en demander l'annulation. Il n'y a eu "ni ordre, ni instruction, ni pression particulière" de l'Elysée pour aller à l'arbitrage, a affirmé à plusieurs reprises l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard.

Stéphane Richard a d'ailleurs assuré que la décision de recourir à un arbitrage avait été proposée par Jean-François Rocchi lors d'une réunion à l'été 2007 en présence du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. L'ex-patron du CDR a démenti cette version des faits peu après. Christine Lagarde a de son côté été placée sous le statut de témoin assisté le 24 mai par les juges de la Cour de Justice de la République dans le volet ministériel de l'enquête.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.