Au 1er juin, la France comptait 66 591 détenus pour 60 794 places de prison disponibles. Soit une hausse de 14,6% en un an, après une baisse de la population carcérale durant le premier confinement, au printemps 2020.

Dans les maisons d'arrêt (ici celle de Fleury-Mérogis), le taux moyen d'occupation est de 128%.
Dans les maisons d'arrêt (ici celle de Fleury-Mérogis), le taux moyen d'occupation est de 128%. © AFP / Philippe Lopez

Dans les prisons, l'effet "premier confinement" devrait être intégralement gommé dans les mois à venir : après une baisse significative de la population carcérale au second trimestre 2020, le nombre de détenus semble durablement reparti à la hausse. Au premier juin 2021, 66 591 personnes étaient incarcérées sur le territoire français, soit une augmentation de 1,8% en un mois (14,6% en un an), selon les chiffres mis en ligne par le ministère de la Justice. Le taux d'occupation des établissements pénitentiaires atteint 110%. Résultat : 908 détenus doivent se contenter d'un matelas posé au sol, faute de lits disponibles en nombre suffisant.

Au printemps 2020, par crainte d'une flambée épidémique dans les lieux de détention, les juges avaient prononcé des mesures de libération anticipée. Surtout, l'activité des tribunaux avait été réduite à portion congrue. Si bien qu'en trois mois, la population carcérale avait enregistré une baisse de 13 000 personnes.

"Occasion manquée"

Cela n'aura été qu'une parenthèse : la machine judiciaire a retrouvé son rythme habituel. Si la tendance se poursuit, on devrait retrouver d'ici l'automne le niveau d'avant-crise sanitaire. Une "occasion manquée", pour la directrice de l'Observatoire international des prisons (OIP), Cécile Marcel. "À l'issue du premier confinement, il y a une forte mobilisation des personnels de la justice, de membres de la société civile et des personnels pénitentiaires pour dire qu'on avait enfin dans les prisons une situation maitrisée, une amélioration des conditions de détention et des conditions de travail pour le personnel. Il fallait se saisir de cette opportunité pour ne plus renouer avec l'inflation carcérale. Malheureusement, ça n'a pas été le cas."

La directrice, qui qualifie la prison d'"illusion sécuritaire", propre à engendrer de la récidive faute d'accompagnement suffisant, plaide pour pour des mesures alternatives à l'incarcération, comme des peines de sursis probatoire. Une façon d'éviter de venir surcharger des établissements pénitentiaires déjà pleins à craquer, alors que la France a été condamnée en janvier à 2020 par la Cour européenne des droits de l'homme pour les conditions indignes de ses prisons.