Le directeur de l'administration pénitentiaire a écrit aux directeurs d'établissements pour leur rappeler qu'ils n'avaient pas le droit de faire grève, au dixième jour de mobilisation après l'agression de quatre surveillants par un détenu condamné pour des faits de terrorisme.

Feu de palettes devant le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville
Feu de palettes devant le centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville © Maxppp / Alexandre Marchi

De son côté, Damien Pellen, premier secrétaire du Syndicat national des directeurs pénitentiaires, a rappelé que s'il y avait eu jusqu'ici "une forme de tolérance pour pouvoir avancer sur les revendications", il faut rappeler "qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi, et aller jusqu'à l'extrémisme dans le blocage des établissements pénitentiaires". Car ce mouvement est effectivement contraire aux règles qui régissent la profession de surveillant pénitentiaire, et des sanctions sont même prévues : elles peuvent aller de jours de suspension avec sursis à des jours de suspension ferme.

Les surveillants ne sont pas la seule profession à subir une dérogation au droit de grève en France. D'autres sont concernées, le plus souvent pour des raisons de sécurité.

Les policiers, CRS et militaires (y compris les gendarmes) ont également interdiction de cesser le travail pour revendiquer quoi que ce soit. Jusque récemment, le militaires avaient même interdiction formelle d'avoir des syndicats, ce qui a valu une condamnation de la France devant la Cour européenne des Droits de l'Homme en 2014. En 2015, un premier syndicat de gendarmes avait été créé... Tout en n'ayant pas le droit d'appeler ni à la manifestation, ni à la grève.

Une interdiction parfois contournée

Les CRS, eux aussi, trouvent parfois des moyens détournés de faire grève, en multipliant simultanément les arrêts maladie. C'est arrivé notamment en septembre 2017, où plusieurs centaines d'entre eux s'étaient fait porter pâles pour ne pas prendre leur service et dénoncer ainsi leurs conditions de travail.

Dans l'administration pénitentiaire, les agents du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) sont eux aussi visés par cette interdiction, mais parviennent à la contourner via des grèves du zèle, des boycotts de réunions ou des journées mortes.

Tout au bout de la chaîne de la justice, les magistrats de l'ordre judiciaire ont également interdiction de faire grève. Un juge, par exemple, ne peut pas empêcher la tenue d'une audience. Il dispose toutefois d'alternatives : en 2011, pour protester contre des déclarations très critiques de Nicolas Sarkozy, les magistrats ont renvoyé toutes les audiences non urgentes à des dates ultérieures.

Autre profession nettement moins connue qui ne peut pas se mettre en grève : les personnels des transmissions du ministère de l'Intérieur, chargés de superviser, d'entretenir ou de réparer tous les matériels de transmission, de communication, d'information et d'informatique liés à la place Beauvau.

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