Claude Guéant
Claude Guéant © REUTERS/Jacky Naegelen

L’affaire des 500.000 euros sur son compte et sur dépenses en liquide de Claude Guéant a pris un nouveau tournant hier soir.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé hier avoir diligenté une enquête administrative sur les primes dont son prédécesseur dit avoir bénéficié quand il était place Beauvau, pour expliquer plusieurs factures payées en liquide. Une enquête était réclamée par le syndicat de police Unité-SGP, premier syndicat des gardiens de la paix.

Ces sommes ont été découvertes lors d'une perquisition visant l'ex-secrétaire général de l'Elysée, en février, dans une enquête sur des accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Claude Guéant se défend de tout blanchiment ou de financement politique illégal par la Libye, mais ses explications sur les 500.000 euros sur son compte et sur les primes en liquide dont il aurait bénéficié à l'Intérieur, sont mises à mal.

Ecoutez les précisions de Franck Cognard

Interrogé sur des factures payées en liquide, l'ancien ministre de l'Intérieur a expliqué qu'elles avaient été payées par des primes, "non déclarées de toute éternité", "avec la tolérance des services fiscaux". Il a également expliqué que le système avait perduré jusqu'en 2006, au-delà de la suppression en 2002 de ces primes de cabinet, via un système spécifique à l'Intérieur, évoquant des "frais de police".

Dans son communiqué, Manuel Valls juge qu'"il appartient aux responsables (...) de l'époque de s'expliquer sur le fait que, selon certaines déclarations, cette réforme vertueuse et connue de tous n'aurait pas été appliquée à tous les membres du cabinet (...) après mai 2002 et que des primes en espèces auraient été attribuées".

Par ailleurs, "l'usage légitime des frais de police, officiellement dénommés 'frais d'enquête et de surveillance', doit être strictement contrôlé", écrit le ministre de l'Intérieur qui ajoute, dans le communiqué "C'est pourquoi, à la suite des déclarations publiques jetant le doute sur le bon usage de ces fonds (…) j'ai, à la demande du Premier ministre, ordonné une enquête administrative, confiée à l'inspection générale de l'administration et à l'inspection générale de la police nationale".

Le volet "tableaux" de l’affaire ne convainc pas

Le ministère de la Culture a annoncé hier que Claude Guéant, qui dit avoir vendu en 2008 deux tableaux à un avocat malaisien pour 500.000 euros, n'a pas demandé de certificat d'exportation pour cela. Tout tableau d'une valeur supérieure à 150.000 euros doit obtenir ce certificat du ministère de la Culture pour être autorisé à sortir de France. Mais l'acheteur malaisien peut avoir laissé les tableaux à Paris, auquel cas aucun certificat n'était nécessaire.

Les explications de Nathalie Hernandez

La valeur de ces tableaux est également contestée par les spécialistes . De l'avis d'Artprice, le prix d'acquisition est une "anomalie par rapport au prix du marché". Le record pour un van Eertvelt est de 140.000 euros. Et un tableau de la taille de ceux de Claude Guéant (30x60 cm) vaut dans les 15.000 euros, selon la société française qui suit la cote des artistes aux enchères..

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.