ziad takieddine en garde à vue
ziad takieddine en garde à vue © reuters

L'intermédiaire en armements Ziad Takieddine a reconnu avoir financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 via des rétrocommissions issues de contrats d'armements avec l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Selon son avocat Maître Francis Vuillemin, l'homme d'affaires franco-libanais a fait ces aveux le 20 juin dernier devant les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger LeLoire chargés de l'instruction

Soupçonné d'avoir voulu fuir la France, Ziad Takieddine est en détention provisoire depuis le 31 mai pour avoir tenté de se procurer un "vrai-faux" passeport dominicain. Selon Maître Vuillemin :

Jeudi dernier, il devait être entendu sur d'autres sujets, notamment sur le passeport dominicain, mais à son arrivée, il a indiqué aux juges qu'il avait des choses à dire sur l'affaire Karachi. C'est la prison qui le conduit à faire ces déclarations. Sans cette incarcération, il n'y aurait jamais eu d'évolution et il n'aurait jamais dit ce que les juges espéraient qu'il dise depuis longtemps.

Les juges Van Ruymbeke et Le Loire cherchaient à savoir si une partie des commissions perçues par Ziad Takieddine à la faveur de contrats d'armements signés avec Islamabad et Ryad avait servi à financer la campagne de l'ex-Premier ministre, via un système de rétrocommissions.

L'intermédiaire pourrait aider à combler les blancs d'une enquête bien avancée. Sara Ghibaudo.

Les révélations du Monde

Lors de leur enquête, ils ont découvert que 20 millions de francs (3 millions d'euros) avaient été versés sur le compte de campagne d'Edouard Balladur, dont 10 millions en une seule fois au lendemain du premier tour.

Pour la première fois jeudi dernier, Ziad Takieddine a avoué avoir remis six millions de francs (1,22 million d'euros) à Thierry Gaubert, un proche d'Edouard Balladur et ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly, lors de trois voyages à Genève (Suisse) à la fin de 1994. En novembre 1994, juste après la signature du contrat Sawari II portant sur la vente à Ryad de trois frégates Lafayette, Thierry Gaubert a demandé à Ziad Takieddine "1,5 million de francs, afin de financer la campagne de M. Balladur", selon Le Monde. "M. Takieddine accepte à condition qu'il le lui remette en cash à Genève, où M. Gaubert détenait lui-même des avoirs", écrit le quotidien. L'opération se serait répétée dix jours plus tard avec un nouveau versement de 1,5 million de francs et une troisième fois pour un montant de 3 millions de francs pour "boucler les comptes".

> Retour sur l'affaire Karachi

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Takkiedine © Radio France
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