eric woerth aurait accordé un abattement fiscal à bernard tapie
eric woerth aurait accordé un abattement fiscal à bernard tapie © reuters

Une nouvelle fois, Bernard Tapie a rendez-vous avec des juges d'instructions. Aujourd'hui, l'homme d'affaires doit s'expliquer sur l'arbitrage qui lui a accordé 403 millions d'euros dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais. Cette audition serait organisée à sa demande.

Dans cette affaire, Bernard Tapie est mis en examen avec quatre autres personnes, son avocat Pierre Estoup et l'un des trois juges en charge de l'arbitrage notamment, pour "escroquerie en bande organisée".

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Hier, Bernard Tapie, déclarait:

J'imagine que les juges ont plein de questions à me poser. Mais j'aimerais aussi savoir pourquoi il y a tant d'écart entre ce qui est sorti dans la presse et ce qu'il y a dans le dossier. Je dois démontrer aux juges que tout, dans cet arbitrage, s'est passé d'une manière loyale et je pense qu'on a tous les éléments pour le faire.

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Au cours de cet entretien, Bernard Tapie voudrait notamment tenter d'obtenir un allègement de son contrôle judiciaire et de la saisie de ses biens en faisant valoir la gestion, notamment, du quotidien La Provence.

Début octobre, l'Etat l'a assigné pour "faute" dans l'ensemble de la procédure arbitrale dans le dossier qui l'opposait au Crédit Lyonnais à propos de la vente d'Adidas. En outre, la plupart de ses biens ont été mis sous séquestre. Il est aussi visé par une information judiciaire pour fraude fiscale, après deux plaintes du ministère de l'Economie.

L'homme d'affaires estime que les moyens mis en oeuvre contre lui sont "hallucinants".

Depuis 1995, les tribunaux m'ont toujours donné raison!.

Il n'avait été entendu jusque-là que par les policiers lors d'une garde à vue de 96 heures à Paris, dans une salle réservée aux auditions sous surveillance médicale.

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Quatre autres mis en examen

Outre Bernard Tapie, quatre autres personnes ont été mises en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans ce dossier, où les enquêteurs soupçonnent un "simulacre d'arbitrage". Il s'agit de Pierre Estoup, l'un des trois arbitres, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, de Jean-François Rocchi, l'ancien président du Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de liquider le passif du Lyonnais, et de Maurice Lantourne, l'un des avocats de Bernard Tapie.

Pierre Estoup a été également mis en examen mardi pour "faux et usage de faux". Les juges le soupçonnent de liens professionnels anciens avec Me Maurice Lantourne et estiment qu'il a menti lorsqu'il a été désigné juge arbitral en certifiant ne pas être lié aux parties en présence dans une déclaration d'indépendance signée le 16 novembre 2007.

Son avocat, Renaud Bertin, va demander l'annulation d'une mise en examen qu'il juge infondée.

Pour qu'il y ait faux, il faut qu'il y ait obligation de révélation. Or, si aujourd'hui les arbitres signent deux déclarations, une d'indépendance, une autre de révélation, à l'époque des faits, ce n'était pas le cas.

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