Alors que Tariq Ramadan a reconnu lundi, pour la première fois, avoir eu des relations sexuelles avec ses deux accusatrices, mais "consenties" selon lui, plusieurs SMS échangés avec l'une de ces deux femmes ont été révélés par franceinfo. Selon les avocats de l'islamologue, ceux-ci invalident la thèse du viol.

Tariq Ramadan, en 2016 lors d'une conférence
Tariq Ramadan, en 2016 lors d'une conférence © AFP / MEHDI FEDOUACH

"Viens chez moi, je vais te faire oublier toutes les autres" ; "Viens chez moi chéri, qu'on se fasse du bien, on en a besoin" ou encore "Je suis ta petite chienne rien qu'à toi" : voici le contenu de certains SMS échangés entre l'islamologue Tariq Ramadan et l'une des deux femmes qui l'accusent de viol, connue sous le nom de "Christelle". C'est franceinfo qui révèle la teneur de ces messages ce mardi. 

Cette révélation coincide avec le changement de défense de Tariq Ramadan lundi : après un an de dénégations, il a reconnu avoir eu des rapports sexuels avec "Christelle" et Henda Ayari, mais a affirmé aux juges d'instruction que ces relations étaient toutes "consenties"

"Dominant-dominé"

Selon l'avocat du prédicateur de 56 ans, Me Marsigny, "la raison pour laquelle M. Ramadan a été contraint jusqu'à présent de ne pas reconnaître de relations tient au fait que, depuis le départ (...), il a eu le sentiment que la conviction était acquise de ce qu'il était coupable". Pour l'avocat, ces messages démontrent que la thèse des viols ne tient pas. Il évoque également des relations sur le mode "dominant-dominé" sous forme de "jeu sexuel consenti et même complice".  

Selon son avocat, Tariq Ramadan, mis en examen et incarcéré le 2 février 2018 pour "viol" et "viol sur personne vulnérable" a déposé une nouvelle demande de remise en liberté et déposé une plaine pour "dénonciation calomnieuse et dénonciation de crime imaginaire". 

"Ce n'est pas sérieux"

Mais l'avocat d'une des plaignantes, Eric Morain, maintient qu'il y a bien eu viol. "Cela fait 11 mois que M. Ramadan ment (...), il vient aujourdhui se frapper la poitrine et se présenter comme le héros de la vérité et dire 'j'ai libéré ma parole', ce n'est pas sérieux", a-t-il déclaré lundi. 

En septembre, lors de l'expertise du téléphone de "Christelle", qui affirme que le théologien l'a frappée et violée le 9 octobre 2009 dans un hôtel à Lyon, une première série de messages avait été révélée. Dans ces SMS, Tariq Ramadan évoquait le rendez-vous, puis, plus tard, sa "violence" et lui demandait si "elle a tout de même aimé ce qu'il s'est passé". "Tu n'as pas aimé, je suis désolé", concluait-il. C'est la révélation de ces messages qui a conduit à la ligne de défense du suspect. 

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