Après près de dix mois de détention, Tariq Ramadan, accusé de viol par deux plaignantes, a obtenu jeudi soir sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Il sortira prochainement, contre une caution de 300 000 euros. Ses avocats ont annoncé le dépôt de deux plaintes, notamment pour dénonciation calomnieuse.

Tariq Ramadan sera remis en liberté en échange d'une caution de 300 000 euros
Tariq Ramadan sera remis en liberté en échange d'une caution de 300 000 euros © AFP / Jacques Demarthon

Il a passé près de dix mois derrière les barreaux : ce jeudi, Tariq Ramadan, mis en examen depuis février dernier pour le viol de deux femmes, a obtenu sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. L'islamologue, qui souffre de sclérose en plaques, a passé la nuit de jeudi à vendredi à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, dans le Val-de-Marne, après avoir lui-même plaidé sa cause devant la cour d'appel de Paris. 

"Les accusatrices ont menti"

Tariq Ramadan, 56 ans, devrait sortir dans les prochaines heures, ou au plus tard dans les prochains jours, après le versement d'une caution de 300 000 euros. "Je suis extrêmement satisfait de cette décision", a déclaré à France Inter son avocat, Me Emmanuel Marsigny. "C'est un tournant dans cette affaire, comme il y a quelques semaines la révélation de ces SMS envoyés par ces deux plaignantes, qui démontrent les mensonges qui ont été les leurs depuis le début, et ont nécessairement joué un rôle dans la décision de remise en liberté de M. Ramadan, qui reste pour le moment mis en examen". 

Mais l'avocat précise que "des initiatives ont déjà été prises et d'autres le seront pour faire en sorte que ce dossier se termine le plus rapidement possible le concernant" : il annonce avoir d'ores et déjà déposé une demande de "démise en examen" pour son client, et déclare que deux plaintes ont été déposé contre ses accusatrices : "Les accusatrices ont menti, ce qui d'ailleurs va justifier le dépôt d'une plainte pour dénonciation calomnieuse et dénonciation de crime imaginaire dans les jours qui viennent". Pour l'heure, Tariq Ramadan reste donc mis en examen pour le viol de Henda Ayari et de "Christelle", qui affirment toutes deux avoir subi un rapport sexuel d'une extrême violence, en 2012 à Paris pour la première et en 2009 à Lyon pour la deuxième. 

"Le combat continue"

Du côté de la défense, "c'est une décision qui devait intervenir à un moment ou à un autre", a réagi Me Eric Morain, l'avocat de l'une des deux plaignantes, surnommée "Christelle". "Il est évident qu'après 9 mois de mensonges où il a égaré la justice, le fait d'être revenu à travers des aveux sur ses relations avec les deux plaignantes a nécessairement joué dans cette remise en liberté". Le 22 octobre dernier, Tariq Ramadan a en effet reconnu pour la première fois avoir eu des relations sexuelles avec les deux femmes. Il avait cependant dit aux juges que ces relations "dominant-dominé" étaient consenties. Son avocat avait notamment invoqué à l'appui de cette nouvelle version des échanges de SMS avec ces accusatrices.

"Je rappelle en plus que M. Ramadan est atteint d'une sclérose en plaques et que l'ensemble de ces éléments ont été appréciés par la Cour pour considérer que les conditions de son maintien en détention n'étaient plus réunies", ajoute-t-il. "Pour nous ça ne change pas grand chose, le combat continue, c'est la suite de cette affaire, on ne lâchera rien avec ma cliente. Aujourd'hui j'ai une cliente qui peine à comprendre cette décision, c'est normal, en même temps il va y avoir du temps qui va passer, et le dossier va continuer. Je ne doute pas un instant que les charges vont continuer à s'accumuler contre M. Ramadan", explique Me Morain. 

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