Quand l’une est questionnée pendant cinq heures, l’autre passe 45 minutes à la barre.

Quand l’une voit le ton monter, l’autre ose des blagues avec son avocat … et même avec le président du tribunal.

Quand on rappelle à l’une qu’elle est par ailleurs mise en examen pour faux témoignage, le procureur souligne pour l’autre qu’il avait « requis un non-lieu ».

Et pourtant hier, le témoin était Claire Thibout et le prévenu Eric Woerth.

Mais quand les avocats de la défense reprenaient point par point les déclarations de celle qui a été entendue 18 fois pendant la procédure, l’ancien ministre du Budget, lui, s’autorisait même quelques digressions : « 2007 c’était un moment extraordinaire en terme de politique. C’est la coupe du monde de foot, mais une bonne coupe du monde, celle qu’on va gagner. »

Alors si le parcours judiciaire de Claire Thibout devrait se poursuivre, au moins le temps de l’instruction parisienne, celui d’Eric Woerth pourrait en revanche s’achever dans quelques jours. Son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne rappelle même que son client est poursuivi pour recel, et non recel d’abus de faiblesse. « C’est une bizarrerie qu’on aimerait voir cesser, s’exclame de son ton pince sans rire son avocat Me Jean-Yves Le Borgne. « Mais dans cette affaire c’est un peu comme si le quota de non-lieu avait été épuisé ». La salle s’exclaffe.

A se demander, décidément qui est le témoin et qui est le prévenu

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