Mémorial en hommage aux victimes de la Faute
Mémorial en hommage aux victimes de la Faute © Radio France / Corinne Audouin

Près de cinq ans après la tempête qui a fait 47 morts (dont 29 dans la seule commune de La Faute-sur-Mer, en Vendée), c'est un procès fleuve qui s'ouvre aux Sables d'Olonne. Face aux cinq prévenus, 120 parties civiles qui veulent avant tout comprendre.

Le procès de la tempête Xynthia s'est donc ouvert, ce lundi après-midi, au centre des Congrès des Sables d'Olonne : le tribunal était trop petit pour accueillir le public, les parties civiles et les dizaines de journalistes venus couvrir l'évènement.

Un procès destiné avant tout à comprendre : comprendre comment la tempête a pu faire 29 morts en 2010 à la Faute-sur-Mer, et 47 morts en tout sur le littoral Atlantique. Cinq personnes, dont l'ancien maire de la commune, comparaissent face à 120 parties civiles.

Corinne Audouin a rencontré l'une de ces rescapées.

La haine, c'est terminé. Mais s'il y a des coupables, sanction il doit y avoir.

Le procès doit durer cinq semaines et fera revivre à beaucoup des moments douloureux, souvent la perte d'un proche. Poursuivi pour homicides involontaires, avec quatre autres prévenus, l'ancien maire de La Faute-sur-Mer René Marratier est accusé d'avoir sous-estimé l'ampleur de la tempête, et tardé à avertir les habitants d'un lotissement construit en zone inondable.

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Une catastrophe inévitable ?

Dès son arrivée, il a assuré que "la douleur et la souffrance sont inscrites au plus profond [de lui-même]. J'ai fait ma mission de maire". René Marratier a promis qu'il regarderait les victimes dans les yeux pendant son procès.

Parmi elles, Gisèle Arnault a perdu son père, âgé de 74 ans, dans la catastrophe de 2010. Sa maison, comme beaucoup d'autres, a été engloutie par la mer. Comme les autres victimes, elle n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé.

Pourquoi on ne nous a pas prévenus ? Pourquoi dans une commune comme La Faute-sur-Mer il y a eu 29 décès, dont mon père? Il aurait suffi d'une seule personne pour qu'on évacue.

Pour la défense, l'explication est simple : ce n'est pas seulement le maire, mais l'ensemble de la communauté, qui était impuissante. Prévoir la catastrophe, assure Me Lévy, "c'était demander à un élu d'être plus spécialiste que les spécialistes qui se sont eux-mêmes trompés".

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