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Mémorial en hommage aux victimes de la Faute
Mémorial en hommage aux victimes de la Faute © Radio France / Corinne Audouin

Le procès de la tempête Xynthia s'est donc ouvert, ce lundi après-midi, au centre des Congrès des Sables d'Olonne : le tribunal était trop petit pour accueillir le public, les parties civiles et les dizaines de journalistes venus couvrir l'évènement.

Un procès destiné avant tout à comprendre : comprendre comment la tempête a pu faire 29 morts en 2010 à la Faute-sur-Mer, et 47 morts en tout sur le littoral Atlantique. Cinq personnes, dont l'ancien maire de la commune, comparaissent face à 120 parties civiles.

Corinne Audouin a rencontré l'une de ces rescapées.

La haine, c'est terminé. Mais s'il y a des coupables, sanction il doit y avoir.

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"Il faut apprendre à gérer tout ça"

Le procès doit durer cinq semaines et fera revivre à beaucoup des moments douloureux, souvent la perte d'un proche. Poursuivi pour homicides involontaires, avec quatre autres prévenus, l'ancien maire de La Faute-sur-Mer René Marratier est accusé d'avoir sous-estimé l'ampleur de la tempête, et tardé à avertir les habitants d'un lotissement construit en zone inondable.

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Une catastrophe inévitable ?

Dès son arrivée, il a assuré que "la douleur et la souffrance sont inscrites au plus profond [de lui-même]. J'ai fait ma mission de maire". René Marratier a promis qu'il regarderait les victimes dans les yeux pendant son procès.

Parmi elles, Gisèle Arnault a perdu son père, âgé de 74 ans, dans la catastrophe de 2010. Sa maison, comme beaucoup d'autres, a été engloutie par la mer. Comme les autres victimes, elle n'arrive toujours pas à comprendre ce qui s'est passé.

Pourquoi on ne nous a pas prévenus ? Pourquoi dans une commune comme La Faute-sur-Mer il y a eu 29 décès, dont mon père? Il aurait suffi d'une seule personne pour qu'on évacue.

Pour la défense, l'explication est simple : ce n'est pas seulement le maire, mais l'ensemble de la communauté, qui était impuissante. Prévoir la catastrophe, assure Me Lévy, "c'était demander à un élu d'être plus spécialiste que les spécialistes qui se sont eux-mêmes trompés".

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