Le parquet de Paris a obtenu la mise en examen des dix suspects arrêtés le week-end dernier (avec détention provisoire pour plusieurs d'entre eux). Si le projet précis des terroristes ("lutter contre le péril islamique", d'après eux) reste flou, les moyens dont ils disposaient sont très concrets.

Palais de justice de Paris
Palais de justice de Paris © AFP / Chrispophe Archambault

Le groupe "Action des Forces Opérationnelles" (AFO) était dans le collimateur de la justice depuis plus de deux mois. La section antiterroriste du parquet de Paris avait confié à la DGSI une enquête préliminaire dès le 13 avril dernier, pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Tout s'est accéléré le 14 juin : craignant un passage à l'acte violent, le parquet ouvre alors une information judiciaire, du chef "d'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes".

Une qualification élargie ce mercredi, après la levée des différentes gardes à vue, trois jours après une série d'arrestations en région parisienne mais aussi en Corse, dans la Vienne, et en Charente Maritime. Car en plus des différents suspects, les perquisitions ont permis de découvrir des téléphones portables, du matériel informatique, mais surtout des armes. Beaucoup d'armes.

Un petit arsenal sous la main

Le parquet évoque ainsi 14 armes de poing, 22 armes d'épaule (presque toutes détenues sans autorisation), des milliers de cartouches, des grenades à plâtre, mais aussi des éléments pour fabriquer des explosifs, ou encore un petit guide intitulé "le napalm maison"... D'après les premières investigations, le groupe proposait des formations et des "stages de survivalisme", et tentait de recruter de nouveaux membres.

Les dix personnes interpellées sont accusées de "fabrication non autorisée d'engin explosif ou incendiaire", "détention de substance ou produit incendiaire ou explosif", "acquisition, détention et transport d'armes"... Le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Présentés à un juge d'instruction mercredi après-midi, tous ont été mis en examen. Quatre d'entre eux ont été placés en détention provisoire, deux autres incarcérés en attente d'une décision du juge des libertés et de la détention. Le parquet demandait neuf détentions provisoires.

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