Attentat déjoué dans un Thalys
Attentat déjoué dans un Thalys © PHOTOPQR/VOIX DU NORD / PHOTOPQR/VOIX DU NORD

A l'issue d'une quatrième journée de garde à vue, le jeune Marocain de 25 ans a été mis en examen et écroué dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 août, pour une attaque "ciblée et préméditée" qui aurait pu déboucher sur un carnage.

On en sait un peu plus sur Ayoub El Khazzani, l’homme à l’origine, vendredi, de l’attaque dans un Thalys Amsterdam-Paris. D’après une source proche du dossier, le suspect aurait consulté un site internet de prêches islamistes appelant au combat, sur son téléphone portable vendredi avant de monter à bord du Thalys."Il a regardé cette vidéo entre le moment où il acheté son billet et l'instant où il est entré dans le train", quelques heures plus tard.

" Tentatives d'assassinats à caractère terroriste "

Lors d'une déclaration à la presse, le procureur de Paris, François Molins, a déclaré avoir ouvert une information judiciaire pour "tentatives d'assassinats, le tout au pluriel, en relation avec une entreprise individuelle ou collective terroriste (...), détention, port et transport d'armes (...), participation à une association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes".

Le procureur a également précisé l'ensemble des armes en possession d'Ayoub El Khazzani au moment de l'attaque : "une bouteille de 50 cl contenant de l'essence, un fusil d'assaut AKM de provenance allemande de calibre 7.62" composé de pièces provenant d'armes différentes, neuf chargeurs approvisionnés de 30 cartouches chacun, soit 270 minutions, d'un pistolet automatique Luger M80, d'un chargeur. "

D'après les premiers éléments de l'enquête, un compte Facebook au nom du suspect a été fermé au lendemain de l'attaque.

Dans le Thalys Amsterdam-Paris
Dans le Thalys Amsterdam-Paris © Radio France

De son côté, la police belge a mené lundi soir deux perquisitions à Bruxelles pour tenter de déterminer les "lieux de séjour" du principal suspect dans l'attentat déjoué du Thalys Amsterdam-Paris. Selon le journal La Dernière Heure, ces perquisitions ont été menées "chez la sœur du suspect ainsi que chez un ami à lui, où il aurait résidé plusieurs jours". Elles ont eu lieu dans le quartier populaire de Molenbeek-Saint-Jean, a précisé le parquet fédéral dans un communiqué.

Selon le journal flamand De Standaard, sur la page Facebook d'une des soeurs d'Ayoub el Khazzani, la jeune femme s'y est montrée particulièrement active au moment des attentats jihadistes contre le journal Charlie Hebdo. Elle aurait partagé des vidéos colportant des thèses négationnistes censées prouver qu'il s'agit d'un "fake" (une invention) et une affiche indiquant : "Je ne suis pas Charlie qui insulte ma religion, mon Coran".

L'homme a été déféré

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itele © Radio France / Capture d'écran site d'iTELE

Le jeune Marocain est arrivé mardi après-midi au palais de justice de Paris pour être présenté à des juges antiterroristes. Pieds nus, les yeux masqués et menotté dans le dos, El Khazzani est arrivé à bord d'une voiture verte dans une cour du palais, selon des images d'i-TÉLÉ.

Dans la nuit, le jeune Marocain a été mis en examen et écroué dans la nuit, pour une attaque "ciblée et préméditée" qui aurait pu déboucher sur un carnage.

Il s'était rendu en Turquie, près de la frontière syrienne

Arrivé en Espagne en 2007, vers 18 ans, et installé à Algesiras (sud) où vit son père, le suspect avait déjà été signalé pour ses discours radicaux dans des mosquées et s'était fait connaître pour trafic de drogue. Début 2014, les services espagnols de renseignement signalent à leurs homologues français son intention de franchir la frontière .

Un passage en France désormais attesté, puisque l'opérateur de téléphonie mobile Lycamobile a confirmé que le Marocain y avait bien travaillé de février à avril 2014, avant une rupture, car ses papiers "ne lui permettaient pas de travailler en France", selon l'employeur.

Ayoub El Khazzani s'est rendu en Turquie et est revenu en Europe le 4 juin 2015 par un vol venant d'Antakya, une ville proche de la frontière syrienne, a affirmé le procureur de Paris . Le suspect est rentré en Europe sur un vol Antakya-Tirana, via Istanbul, mais nie s'être rendu en Turquie.

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thalys © Radio France
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