Les deux frères Kouachi ont fini leur cavale à Dammartin
Les deux frères Kouachi ont fini leur cavale à Dammartin © Maxppp

TÉMOIGNAGE | Hubert Bonneau est le patron du GIGN depuis le mois de septembre. C'est lui qui a supervisé la recherche des deux suspects de l'attaque à Charlie, puis les deux opérations pour mettre fin aux prises d'otages. Des situations inédites, et un dispositif tout aussi inédit.

Quelques mois après sa prise de fonction à la tête du GIGN, Hubert Bonneau a donc vécu l'une des opérations de recherche les plus intenses connues en France : retrouver et tenter d'interpeller les auteurs de la tuerie dans les locaux de Charlie Hebdo, devenus en quelques heures ennemis publics numéro un.

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"On a eu le renseignement immédiatement"

Dans cet entretien, Hubert Bonneau revient notamment sur l'importance du dispositif mis en place par les gendarmes de la région, qui a permis de coincer les deux terroristes.

Les terroristes vont buter sur un contrôle, et s'enfuir : on a le renseignement immédiatement grâce au maillage mis en place par les gendarmes de Picardie. Le GIGN est alors à moins de 15 minutes. Les premiers à être au contact, c'est une équipe de deux gendarmes qui nous ont confirmé que les deux terroristes étaient réfugiés dans l'imprimerie.

Ce qui a permis une telle efficacité, selon Hubert Bonneau, c'est justement ce travail d'équipe, "des gens qui ont eu une formation quasi militaire, coordonnés entre eux".

"La résolution d'une prise d'otages entraînait une décision d'action sur l'autre"

Quand se déclenche la deuxième prise d'otages, porte de Vincennes à Paris, le patron du RAID arrive rapidement sur place. C'est la coordination entre les deux services, une première en France, qui a permis de résoudre la crise.

On a compris qu'il y avait une relation entre les deux prises d'otages. En gros, la résolution d'une des deux prises d'otages entraînait une décision d'action sur l'autre.Il y avait une coordination obligatoire à avoir entre le GIGN et le RAID. C'est quelque chose auquel on se préparait déjà depuis longtemps.

Reste à évoquer l'issue de ces deux prises d'otages, qui ont coûté la vie aux trois responsables. Pour Hubert Bonneau, tout a été tenté, mais impossible de désamorcer la situation.

On a tenté la négociation. On a tenté la prise de contact tout au long de l'après-midi. Ça n'a pas abouti, il n'y a pas eu de dialogue. Le temps passant, ils ont pris une décision extrême et ils ont choisi de sortir les armes à la main. Là, la décision était prise : les empêcher par tous les moyens de fuir .

Une impasse qui a mené à la mort des deux frères Kouachi, abattus par le GIGN. L'assaut n'a fait de leur côté qu'un blessé léger.

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