Les deux anciens propriétaires du bar, dont l'incendie avait fait 14 morts et 5 blessés en 2016 à Rouen, ont été condamnés ce mardi à cinq ans de prison, dont trois ferme (deux ans avec sursis). Les deux frères ont aussi interdiction de gérer un établissement recevant du public.

L'incendie du bar "Au Cuba Libre" dans la nuit du 5 au 6 août 2016 avait fait 14 morts à Rouen. juillet 2018.
L'incendie du bar "Au Cuba Libre" dans la nuit du 5 au 6 août 2016 avait fait 14 morts à Rouen. juillet 2018. © Radio France / Bénédicte Courret

C'est un drame qui avait choqué la ville de Rouen et au-delà : dans la nuit du 5 au 6 août 2016, en pleine soirée d'anniversaire, un incendie s'était déclaré dans le sous-sol du bar "Au Cuba Libre". Les bougies du gâteau avaient enflammé le plafond, recouvert d'une mousse antibruit très inflammable, et la porte de secours, verrouillée, n'avait été d'aucune aide aux jeunes coincés à l'intérieur. Au total, 14 personnes étaient mortes asphyxiées, sans échappatoire.

Lors de l'audience, du 9 au 16 septembre, Nasser et Amirouche Boutrif ont dû répondre d'une accumulation de négligences, lors des travaux d'aménagement du sous-sol pour agrandir leur affaire, en mépris de nombreuses règles de sécurité.

Des règles de sécurité ignorées sciemment

L'escalier était escarpé, totalement inadapté à l'accueil du public, et le matériau isolant inflammable n'aurait jamais dû pouvoir y être utilisé. Sans oublier le fait que la porte de secours avait été fermée à clé, ce qui a scellé le sort des victimes. Des négligences en partie volontaires, pour le procureur, qui réclamait quatre ans de prison ferme. Il estime que les gérants ont négligé en toute connaissance de cause ces règles de sécurité, notamment pour faire des économies.

Le tribunal a tranché ce mardi : cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour les deux anciens gérants. Soit trois ans de prison ferme au total. Ils ont été déclarés coupables d'"homicides involontaires par violation manifestement délibérée de plusieurs obligations de sécurité et de prudence", à l'origine du décès des 14 victimes. Ils ne pourront également plus gérer d'établissement accueillant du public.

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.