La commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur d'éventuels dysfonctionnements de l'Etat dans l'affaire Jérôme Cahuzac achève ses travaux cette semaine avec aujourd'hui l'audition de trois ministres. Christiane Taubira, Manuel Valls et Pierre Moscovici se sont succédés dans des locaux de l'Assemblée nationale.

la commission cahuzac entend trois ministres
la commission cahuzac entend trois ministres © reuters

La Garde des Sceaux Christiane Taubira a été entendue ce matin, puis le ministre de l'intérieur Manuel Valls et enfin, le ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

Demain, la commission achèvera ses dernières auditions avec celle notamment de Stéphane Fouks, président de Havas Worldwide France.

Deux mois après son installation le 15 mai, la commission a auditionné 44 personnes, dont Jérôme Cahuzac fin juin. Elle doit rendre son rapport avant la fin octobre.

Tous les regards vers Pierre Moscovici

l'économie française est au début d'une reprise, dit moscovici
l'économie française est au début d'une reprise, dit moscovici © reuters

C'est sur cette dernière audition que tous les regards de la commission se sont tournés. Car il s'agit de savoir si Pierre Moscovici aurait pu être informé avant la justice de la malhonneteté de Jérôme Cahuzac.

Ce dernier estime que "nous avons eu la réponse la plus rapide possible. Nous avons fait tout ce qui était dans notre pouvoir. Le mensonge était d'une exceptionnelle ampleur et nos informations étaient, non pas inexactes mais incomplètes.

Moscovici qui s'est montré pugnace, comme nous l'explique Benoit Collombat.

Manuel Valls : "Nous avons respecté les règles"

manuel valls condamne l'agression d'étudiants chinois en gironde
manuel valls condamne l'agression d'étudiants chinois en gironde © reuters

Le ministre de l'Intérieur a détaillé très précisément et chrologiquement le déroulé des faits, des premières publications de Mediapart sur le sujet à la démission de Jérôme Cahuzac.

Il évoque les premières "interrogations de la presse" sur l'affaire. "Une seule vérification a d'abord été menée : savoir si la direction centrale du renseignement intérieur disposait dans sa documentation d'éléments archivés relatifs soit à la banque UBS, soit à Mr Cahuzac. Sur ce point, la recherche s'est avérée négative."

Manuel Valls répond aussi à la commission, qui s'interroge sur l'absence de discussion au sein du gouvernement sur l'affaire Cahuzac.

Il y a une confusion entre "en parler" et les faits. Le fait principal, c'est que le 8 janvier, cinq semaines après les révélations de Mediapart, il y a ouverture d'une enquête préliminaire. Il y a des faits, des règles, et nous avons respecté les règles. Je ne suis pas là pour vous donner un sentiment, ou lancer un débat politique.

Christiane Taubira : "Aucune information transmise"

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la commission cahuzac entend trois ministres © reuters

La ministre de la Justice a affirmé n'avoir eu aucune information sur cette affaire jusqu'à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet et avoir uniquement confirmé par SMS l'ouverture de celle-ci au Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Christiane Taubira a ainsi déclaré:

Je n'ai transmis aucune information, d'abord au président de la République absolument aucune, aux autres, ministres, aucune, y compris l'intéressé (Cahuzac). A trois ou quatre reprises, j'ai informé le Premier ministre. Que ça vous étonne ou que ça vous déplaise, je n'ai jamais parlé de cette affaire, ni avec M. Valls, ni avec M. Moscovici.



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