Trois parents ont été mis en examen pour "financement de terrorisme". Ils sont accusés d'avoir détourné les fonds d'une association pour leurs enfants partis en Syrie.

Les trois parents sont soupçonnés d'avoir détourné des fonds pour les faire parvenir à leurs enfants, partis rejoindre le groupe État islamique en Syrie
Les trois parents sont soupçonnés d'avoir détourné des fonds pour les faire parvenir à leurs enfants, partis rejoindre le groupe État islamique en Syrie © Reuters / Stringer

Leur histoire est celle de dizaines de familles qui ont vu leurs enfants les quitter du jour au lendemain pour gagner la Syrie et les rangs de l'organisation terroriste État islamique (EI). Trois parents, une mère et un couple, ont été mis en examen après une alerte de Tracfin, l'organisme chargé de la lutte contre le blanchiment, pour "association de malfaiteur en lien avec une entreprise terroriste", "financement de terrorisme" et "abus de confiance en lien avec entreprise terroriste".

Ces parents, dont les enfants ont rejoint la Syrie en 2013 et 2014, sont soupçonnés d'avoir détourné une partie des fonds versés à l'association Syrie Prévention Familles, une association créée en 2015 et dont le but est de soutenir les familles dont les enfants sont partis rejoindre les djihadistes, mais aussi d'éviter d'autre départs.

C'est Tracfin, l'organisme chargé de la lutte contre le blanchiment qui a donné l'alerte, en signalant des versements suspects réalisés depuis les comptes de l'association. Le problème, c'est que cette association, qui en a englobé deux autres, a bénéficié de 90.000 euros de subventions publiques.

Des parents démunis

Sa présidente, Valérie de Boisrolin, dont la fille Léa a rejoint la Syrie en 2013 à l'âge de 16 ans et est devenue mère en territoire occupé par l'EI, est soupçonnée d'avoir détourné des fonds pour les faire parvenir à sa fille.

Même triste scénario chez les époux Duong, membres de l'association. En 2014, leur fille de 20 ans, séduite via Internet, a rejoint la Syrie, suivie par son frère aîné.

Toutes ces histoires disent la même chose : l'immense douleur de ces parents qui continuent à aimer leurs enfants malgré l'horreur du groupe EI, parfois peut-être au point de basculer dans l'illégalité.

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