Attentat de la rue des rosiers (1982)
Attentat de la rue des rosiers (1982) © MaxPPP / Sebastien BLANC

Il aura fallu toute la patience et toute la pugnacité du juge Marc Trévidic pour aboutir à ces trois mandats d'arrêt internationaux. Les suspects étaient liés au groupe Fatah-CR et vivent aujourd'hui en Jordanie, en Palestine et en Norvège.

C'était l'attentat le plus grave depuis la Libération. Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées à Paris dans le quartier juif du Marais. La cible : un restaurant bondé. Les hommes y jettent d'abord une grenade puis entrent pour tirer. Ils continuent de tirer sur les passants en s'enfuyant.

L'attentat n'a jamais été revendiqué mais a été assez rapidement attribué au groupe d'Abou Nidal, le Fatah-CR. A l'époque, l'enquête est confiée au juge Bruguière et à la brigade criminelle mais n'aboutit nulle part.25 ans après les faits, c'est le juge Marc Trévidic qui récupère le dossier. De nouvelles expertises ballistiques permettent enfin de faire le lien entre l'attentat de la rue des rosiers et le groupe Fatah-Conseil Révolutionnaire (un groupe palestinien dissident de l'OLP). En lien avec la DGSI, le juge réussit à faire témoigner plusieurs anciens membres du groupe.

La justice n'a jamais renoncé à faire la lumière dans cette affaire, Sara Ghibaudo.

Résultat : trois hommes identifiés.

Mouhamad Souhair Al-Abassi (alias Amjad Atta) aurait monté l'opération. Autrement dit, il a choisi la cible, recruté les tueurs et livré les armes. A 64 ans, il habiterait aujourd'hui en Jordanie.Mahmoud Khader Abed Adra (alias Hicham Harb) était le chef de groupe du commando. Une victime de l'attentat l'a également identifié. A l'époque, il était reponsable de l'armement pour l'Europe et l'Asie, au sein du Fatah-CR.Walid Abdulrahman Abou Zayed a été décrit comme un "exécutant très important de l'organisation entre 1977 et 1982", il aurait "participé à presque toutes les opérations en Europe, dont celle de la rue des rosiers. Il a abandonné la lutte armée en 1991 pour s'installer en Norvège avec sa femme et ses quatre enfants. Il est norvégien depuis 2002.Trois mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés le 20 février.

Rue des rosiers, Paris
Rue des rosiers, Paris © Radio France / Idé
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