Marine Le Pen a expliqué refuser que ses "sept millions d'électeurs" soient comparés à "des barbares, des criminels et des assas
Marine Le Pen a expliqué refuser que ses "sept millions d'électeurs" soient comparés à "des barbares, des criminels et des assas © MaxPPP

Ulcérée par un parallèle fait selon elle entre son parti et l'Etat islamique, Marine Le Pen a publié mercredi sur son compte Twitter des photos représentant des exécutions imputées à Daech pour illustrer ce que représente cette organisation. Une enquête préliminaire a été ouverte.

Le Premier ministre Manuel Valls a réagi, également via Twitter, en estimant que la diffusion de ces images "monstrueuses" constituait "une faute politique et morale" de la part de Marine Le Pen, qualifiée d'"incendiaire du débat public". Le Parquet de Nanterre a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête préliminaire pour "diffusion d'images violentes"

> Voir aussi : Diffusion d'images violentes : quel risque pour Marine Le Pen ?

Marine Le Pen retire la photo de James Foley

Les parents du journaliste américain James Foley, décapité par l’organisation Etat islamique, s'étaient indignés mercredi de la publication par la leader du Front national d'une photo de sa dépouille, l'appelant à la retirer immédiatement. Jeudi matin, la présidente du FN retirait de son compte Twitter la photo du corps décapité du journaliste américain. "Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée", a-t-elle déclaré. Les deux autres photos d'exactions de Daech sont toujours accessibles sur son compte Twitter. Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Bernard Cazeneuve a également condamné la publication de ces photos, qui représentent à ses yeux "une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daech."

La direction centrale de la police judiciaire saisie du dossier

Le ministre de l’Intérieur a précisé avoir demandé à la plate-forme Pharos, qui relève de la direction centrale de la police judiciaire et gère les signalements de contenus illicites sur internet, de se saisir du dossier. "J'ai tout simplement demandé, conformément à ce que sont les procédures en vigueur, que la plate-forme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire puisse se saisir de cette affaire comme elle le fait à chaque fois que ces photos sont diffusées, de manière à réserver toutes les suites qui doivent l'être", a ainsi expliqué Bernard Cazeneuve.

Ils ont complètement perdu la raison. Il va me poursuivre pour quoi ?

Invitée à régir dans les studios de nos confrères d’Europe 1, la présidente du Front national a vivement réagi. "Ils ont complètement perdu la raison. Il va me poursuivre pour quoi ? Pour diffamation à l'encontre de Daech

?".Marine Le Pen, qui a expliqué refuser que ses "sept millions d'électeurs" soient comparés à "des barbares, des criminels et des assassins", a ajouté : "Il (citant Bernard Cazeneuve) peut lancer toutes les polices du monde à mes trousses, jamais je ne laisserai insulter de cette manière les électeurs du Front national". Trois clichés de mises en scène d'exécution, dont l'une par décapitation, assortis du commentaire "Daech, c'est ça !" ont été publiés dans la matinée sur le fil Twitter de Marine Le Pen.

"Dérapage inacceptable", "propos immondes"

Ces photos accompagnaient un message dénonçant un "dérapage inacceptable" et des "propos immondes" tenus sur RMC lors de l'émission de Jean-Jacques Bourdin. Le spécialiste de l'islam Gilles Kepel avait un peu plus tôt déclaré sur BFM TV et RMC que le groupe djihadiste et la formation d'extrême droite étaient très différents mais qu'ils puisaient à une source commune, le manque de perspectives offertes aux jeunes.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.