Denis Gautier Sauvagnac, l'ancien dirigeant de l'UIMM au tribunal de grande Instance de Paris
Denis Gautier Sauvagnac, l'ancien dirigeant de l'UIMM au tribunal de grande Instance de Paris © MaxPPP/Christophe Petit Tesson

Les dix anciens dirigeants n'ont pas brisé la loi du silence. Les prévenus s'en tiennent à leur ligne de conduits : pas de noms. En revanche, ils ont semé des petits cailloux qui mènent droit aux syndicats.

Après six jours d'audience, la parole sera donnée lundi au parquet pour ses réquisitions au procès de l'UIMM.

La justice s'interroge sur la destination de quelque 16 millions d'euros et les dix anciens dirigeants ou salariés de l'union patronale de la métallurgie, accusés d'abus de bien social, travail dissimulé, destruction de documents comptables, recel, ou de complicité de ces faits, n'ont pas vraiment brisé la loi du silence.

Certains ont confirmé que l'UIMM finançait bien les syndicats -mais sans préciser qui étaient les bénéficiaires des enveloppes-. La semaine dernière, plusieurs syndicats, à l'extérieur du tribunal, les ont mis au défi de prouver ce qu'ils avancent. Sans succes.

L'argent a servi à fluidifier les relations sociales

Les prévenus s'en tiennent à leur ligne de conduits : pas de noms. En revanche ils ont semé des petits cailloux qui mènent droit aux syndicats, les cinq syndicats représentatifs de l'époque. "Il était utile que pour le dialogue social il y ait des liens, qu'on ne se considère pas comme des ennemis" explique l'ancien président Daniel Dewavrin.

Pendant l'instruction certains avaient aussi parlé de dons à des politiques, des journalistes ou des intellectuels.

Didier Schuller s'est récemment confié dans le livre French corruption. Il raconte que pour sa campagne électorale à Belfort, lors des législatives de 1978, il est allé chercher environ 200 000 francs à l'UIMM avenue de Wagram.

De tout cela pendant le procès il n'a pas été question. On a entendu que les dirigeants de l'UIMM s'accordaient, en plus de leurs confortables salaires, d'importantes primes non déclarées. Pour le reste ce serait donc les syndicats, rien que les syndicats.

C’est aussi pratique car, comme l'a souligné l'actuel secrétaire général de la fédération, ce serait conforme aux missions de l'UIMM. En termes judiciaires il n'y aurait donc pas d'abus de confiance.

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