Trois hommes comparaissent devant la cour d'assises spéciale de Paris. L'un d'entre eux est jugé par défaut, probablement mort en Syrie. Un autre est un ancien militaire français qui a rejoint les rangs du groupe terroriste État islamique.

Un ancien militaire français qui a rejoint les rangs du groupe terroriste État islamique comparait devant la cour d'assises spéciale de Paris
Un ancien militaire français qui a rejoint les rangs du groupe terroriste État islamique comparait devant la cour d'assises spéciale de Paris © AFP / Hans Lucas / Olya Morvan

C'est une vidéo de propagande de Daech, "Une journée passée avec les moudjahidin de France" qui a alerté la justice sur le cas d'Erwan Guillard. Dans ce film de 16 minutes, les djihadistes font de lui un symbole, celui d'"un ex-soldat repenti de l'armée française ...".

Effectivement, le Breton de 29 ans est un ancien militaire. En 2009, il s'engageait dans l'armée, au sein du premier régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers. Avant de renoncer à l'armée, mais pas au combat.  

En juin 2012, il tente de rejoindre la Syrie une première fois. Il veut combattre les hommes de Bachar Al-Assad. Traverse l'Italie, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Bulgarie au volant de sa Ford fiesta rouge. Mais arrivé en Turquie, se ravise. Et fait demi-tour. 

Un combattant de l’organisation État islamique

Nouvelle tentative en août 2013, en avion cette fois. Erwan Guillard rejoint alors les rangs du Jabhat Al-Nosra, puis l'organisation État islamique et les zones de guerre au début de l'année 2014.  Car Erwan Guillard, alias Abou Qatada pour les djihadistes de Daech, est un combattant, il ne s'en cache pas. 

Blessé par une grenade, il est hospitalisé à Raqqa. A son retour, il raconte comment il a assisté à des exactions, porté une ceinture explosive ou encore croisé Samy Amimour, l'un des kamikazes du Bataclan.  

Bref, le père de deux enfants s'explique sans rechigner aux enquêteurs et reconnaît jusqu'à ses convictions religieuses, toujours radicales, malgré son retour en France. Devant la cour d'assises spéciales, il encourt 20 ans de réclusion.

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