Un ancien policier de Créteil dénonce dans un courrier adressé à la Justice les pratiques douteuses de contrôle au faciès, des méthodes que réfute la préfecture de police.

Le centre de rétention administrative pour femmes du Mesnil-Amelot est menacé de fermeture
Le centre de rétention administrative pour femmes du Mesnil-Amelot est menacé de fermeture © AFP / JOEL SAGET

Y aurait-il des dérives quant aux méthodes employées dans la lutte contre l'immigration illégale en Île-de-France. Nos confrères du Parisien rapportent un courrier adressé à la Justice par un ancien policier de Créteil qui accuse ses collègues, sur le terrain, de pratiquer des contrôles au faciès dans un secteur clé, près de Vincennes : un centre de rétention administrative pour les étrangers en situation irrégulière.

Cette chasse aux sans-papiers qui ne dit pas son nom serait la conséquence d'une demande stupéfiante. Dans un email envoyé, a priori, par le sous directeur de l'unité de lutte contre l'immigration irrégulière de la préfecture de police de paris et que le Parisien a pu consulter, où le commissaire demande à ses troupes de faire déborder le centre de rétention administratif pour femmes de Mesnil-Amelot, près de Roissy, menacé de fermeture. Une consigne qui obligerait les policiers à perdre du temps pour amener les femmes arrêtées dans ces opérations de contrôle vers le centre en question.

Interrogée sur cette note, la préfecture de police de Paris a réagi ce jeudi midi par l'intermédiaire de sa porte-parole, Johann Primevert. Elle assure que "le préfet de police n'en a jamais eu connaissance" et condamne fermement le message : "Ce message sur la forme diffuse des propos qui sont totalement inappropriés et sur le fond diffuse des orientations qui ne sont en aucun cas celles du préfet du police."

Pas de délit de faciès

Si la consigne est bien désapprouvée, la préfecture de police réfute en revanche tout délit de faciès. Les contrôles d'identité qui se déroulent dans le Val-de-Marne, affirme l'instance, répondent à des réquisitions du parquet de Créteil pour prévenir des infractions et sécuriser des sites fortement criminogènes.

Mais ces justifications ne sont pas pour autant susceptibles de calmer la polémique. Les associations de défense des droits de l'Homme ainsi que certains syndicats de la magistrature s'opposent régulièrement à leurs pratiques.

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